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mercredi 28 septembre 2022

SAINTE-ENGRÂCE EN SOULE AU PAYS BASQUE EN 1921 (quatrième partie)

 

SAINTE-ENGRÂCE EN 1921.


La commune de Sainte-Engrâce, en Haute-Soule, compte 851 habitants en 1921.



pays basque autrefois soule église
UNE PREMIERE COMMUNION A STE-ENGRÂCE SOULE
PAYS BASQUE D'ANTAN




Voici ce que rapporta à ce sujet la revue Gure Herria, en avril 1922, sous la plume de l'Abbé 

P. Foix :



"Sainte-Engrace.



... Maintenant on arrive à Licq, dont le bourg est bâti autour de l'Eglise qui domine la route et le gave ; voici l'Hôtel des Touristes, renommé dans le pays, la Mairie, le palais scolaire trop luxueux peut-être pour un village de cette importance, son pimpant bureau des Postes, tous construits dans ces dernières années, aux environs de la tapageuse cataracte qui fourmille de truites. Ce coin est depuis fort longtemps le rendez-vous des pêcheurs et des touristes.



pays basque autrefois soule hôtel
HÔTEL DES TOURISTES LICQ-ATHEREY SOULE
PAYS BASQUE D'ANTAN




Quelques pas plus loin, voici un pont de pierre, très ancien, qui conduit au bourg et à l'Eglise. La légende trop longue à raconter ici, affirme qu'il a été construit en une seule nuit par les Lamigna, sirènes ou monstres fabuleux des anciens temps. - Son plein cintre hardi qui s'élève sur la rivière bouillonnante a eu besoin d'être récemment consolidé par une armature en fer.



A trois kilomètres en amont de Licq se terminait autrefois pour le voyageur qui allait à Sainte-Engrâce, la route carrossable. Aujourd'hui grâce à d'importants travaux exécutés avant la guerre, sur une longueur de six kilomètres, les voitures peuvent atteindre assez aisément la caserne des Douanes à Sainte-Engrâce ; il est regrettable que la parcimonie des subventions accordées n'ait pas permis de construire la nouvelle route sur une plus grande largeur, car le trafic est actuellement gêné par les rails du Decauville qui restreignent énormément la largeur déjà insuffisante du chemin.



Nous voici à la Jonction des Eaux, ainsi dénommée parce qu'en cet endroit où vient aboutir l'éperon du mont Jora, se rejoignent au-dessus d'un pont en fer en construction récente, le torrent ou Uhaitza de Sainte-Engrâce et de l'Olhado, torrent d'un débit moindre, venant de Larrau. Les deux eaux d'égale limpidité ont cependant à leur rencontre deux nuances différentes et semblent se marier à regret, la vitesse acquise avec laquelle elles dévalent faisant garder à chacune son courant propre sur une distance de cinquante mètres. Leur jonction, forme dès lors le Saison ou Gave de Mauléon.





pays basque autrefois soule fleuve rivière
JONCTION DES EAUX 
LICQ-ATHEREY SOULE




pays basque autrefois soule fleuve rivière
JONCTION DES EAUX 
LICQ-ATHEREY SOULE


Cet endroit qui ne présentait autrefois que l'intérêt de l'aboutissement pittoresque de deux torrents et de deux vallées montagneuses, offre en ce moment le spectacle merveilleux d'une usine électrique, bâtie sur un terre-plein conquis sur le gave, à la base de l'éperon du mont Jora, et d'une cascade qui se déverse en nappes diamantées et scintillante d'une altitude de 150 mètres environ. L'usine électrique de la Jonction, dont le but est de fournir la force motrice nécessaire à la traction électrique des convois circulant sur le réseau des tramways des Basses-Pyrénées, particulièrement dans la région de Bayonne-Biarritz, et aussi à la marche d'un gigantesque four électrique au Boucau, a été entreprise dans les débuts par la Société Giros, Ader et Loucheur, puis rétrocédée à la Compagnie du Midi. L'usine est construite dans un style qui se rapproche sensiblement de celui des maisons basques du Labourd ; elle est mise en mouvement par une chute d'eau de 143 mètres de hauteur.



pays basque autrefois soule barrage usine
BARRAGE ET USINE HYDRO-ELECTRIQUE
STE ENGRÂCE SOULE



Des travaux gigantesques ont été exécutées avant et pendant la guerre, pour capter l'eau du Gave de Ste-Engrâce, exécuter à 7 kilomètres huit cent en amont, un barrage élévateur dont nous parlerons plus loin, et amener ensuite par son  niveau naturel l'eau à un point donné du mont Jora, dominant le gave de cent cinquante mètres environ.



La canalisation entre le barrage en amont de la Caserne de Sainte-Engrâce et l'usine de la Jonction, comprend deux kilomètres trois cent à ciel ouvert et cinq kilomètres cinq cent en tunnel ; on peut y circuler à pied d'un bout à l'autre.



Quand on songe à la configuration abrupte du pays et à la quantité de roches granitiques et de conglomérats d'origine volcanique qu'il a fallu percer sur pareille distance pour mener à bonne fin une telle entreprise, on demeure stupéfait devant le génie et l'audace de l'homme.



L'eau ainsi amenée au réservoir de Jora se précipite par conduites forcées de 90 centimètres de diamètre et d'une hauteur de 143 mètres, sur un groupe de puissantes turbines fournies par la maison réputée Neyret-Bélier, de Grenoble. Les turbines fournissent actuellement une force moyenne de huit mille chevaux ; la puissance est de trois mille six cents kilowatts : les alternateurs fonctionnent à quatre mille cinq cents volts, et les transformateurs élévateurs de la ligne à quarante-cinq mille.



pays basque autrefois soule usine
USINE HYDRO-ELECTRIQUE ET PIC DE JORA
LICQ-ATHEREY SOULE



Cette force est dirigée sur la région de Bayonne, au moyen de pylônes en fer qui soutiennent les câbles électriques, à travers la Soule, la Basse-Navarre et le Labourd. L'usine ne peut actuellement fournir que ce maximum, mais on songe à adjoindre à la conduite de 0m. 90 qui amène l'eau sur les turbines une nouvelle conduite de 1m. 80 de diamètre qui actionnerait un nouveau groupe électrogène de 10 000 chevaux.



La Société propriétaire de l'Usine électrique a le projet d'exécuter du côté de Larrau un plan identique à celui de Sainte-Engrâce, en captant l'eau du gave Olhado à Holçarte, et en l'amenant par l'autre flanc du mont Jora, au point d'où l'eau se précipite déjà sur les turbines actuelles. Ce projet coûterait la coquette somme de douze à quinze millions, qui viendrait s'ajouter aux dix millions qui ont été dépensés. Dès son exécution, l'Usine électrique de la Jonction deviendrait l'une des plus importantes des Pyrénées.



Avant d'arriver à l'Usine électrique, on laisse sur la droite la route carrossable qui conduit à Larrau et on s'engage dans la direction du village de Sainte-Engrâce distant encore de 12 kilomètres ; l'aspect du paysage devient de plus en plus sauvage. Un sentiment de peur auquel se mêle du ravissement saisit en ces lieux celui qui veut admirer les grandeurs et les beautés de la création.



pays basque autrefois soule larrau licq
POINT JONCTION
DES CHEMINS DE STE ENGRÂCE ET DE LARRAU



Un jour, une excursionniste étrangère rencontre sur cette route un vicaire, qui fatigué rentrait d'une tournée de malades ; elle s'arrêta et lia conversation :

"Dites-donc, Monsieur l'abbé, s'écria-t-elle, dans son enthousiasme, est-ce que j'offense le Bon Dieu en pensant qu'au Ciel ça ne sera peut-être pas plus beau" ?



Le jeune abbé qui était moins sensible à de tels émerveillements, parce qu'obligé de circuler par tous les temps dans un pays si accidenté, répondit en souriant :

"Eh, Madame, j'espère pour l'honneur du Bon Dieu que le Paradis sera un peu mieux que tout ceci, sinon se fatiguer pour Lui ne vaudrait pas grand-chose" !



On monte en rampe très douce, insensiblement, par la nouvelle route tracée sur le flanc de la montagne, au-dessus du ravin dans lequel le gave parfois dissimulé par d'épais buissons de ronces et de buis, roule des eaux d'un bleu à ce point extraordinaire qu'il semble irréel, et qu'à fixer cette couleur étrange et presque mystique, les yeux croient être le jouet d'une illusion.



On regrette par moment d'abandonner l'ancienne route très agreste, qui, suivant la configuration accidentée du terrain, déroule ses méandres en contournant toutes les sinuosités de la montagne à une hauteur moyenne de 200 mètres, à pic, au-dessus du torrent. Moins curieuse et moins pittoresque pour le touriste, parce que moins élevée et plus encaissée, la nouvelle route est en revanche plus commode et moins dangereuse, parce qu'elle est flanquée par un mur ou un parapet de terre qui préserve du vertige ; elle longe le gave à une hauteur moyenne de trente à cinquante mètres."



A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)






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mardi 27 septembre 2022

PROVERBE BASQUE DU JOUR ET FÊTE DU 27 SEPTEMBRE 2022 SAINT VINCENT DE PAUL - BINGEN

 


PROVERBE DU 27 SEPTEMBRE 2022 (SAINT VINCENT DE PAUL) (BINGEN).


VINCENT DE PAUL : Ce prêtre admirable est né dans une famille pauvre du village de Pouy (ou Paul), près de Dax, le 24 avril 1581.



religion catholique saint sainte vincent
27 SEPTEMBRE SAINT VINCENT DE PAUL

Vincent de Paul va consacrer sa vie aux humbles et multiplier les oeuvres de charité.

Vincent de Paul meurt en odeur de sainteté à Paris le 27 septembre 1660, à 80 ans, au terme d'une vie prodigieuse toute orientée vers la charité et l'Evangile.

Après de bonnes études de théologie à Toulouse, Vincent de Paul est ordonné prêtre en 1600.




religion catholique saint sainte vincent
27 SEPTEMBRE SAINT VINCENT DE PAUL

Lors d'un voyage en Méditerranée, il est capturé, en 1605, par les pirates barbaresques et emmené en captivité à Tunis.

Il est vendu comme esclave à un alchimiste qui le traite plutôt bien avant qu'il ne s'échappe en 1607 et gagne Rome.

Vincent de Paul devient, en 1610, aumônier de la reine Marguerite de France.

En 1619, il est nommé Aumônier général des galères.




religion catholique saint sainte vincent
27 SEPTEMBRE SAINT VINCENT DE PAUL

Il fonde, le 12 décembre 1617, à Châtillon, les Dames de la Charité, puis, en 1633, les Gardes des Pauvres et en 1653 l'hospice du Saint-Nom-de-Jésus.

Toute sa vie, Vincent de Paul mobilise au service des pauvres les dames de la noblesse et de la bourgeoisie françaises.

Il meurt en odeur de sainteté le 27 septembre 1660.

Il est béatifié par Benoit XIII le 13 août 1729 et canonisé par Clément XII le 16 juin 1737.

En 1885, le pape Léon XIII l'institue "patron de toutes les oeuvres charitables".



religion catholique saint sainte vincent
27 SEPTEMBRE SAINT VINCENT DE PAUL



BINGEN : Akize ondoan den Paul-eko "Vincent" sainduaren eguna (+1660).

Deun-ixendegi euzkotarra lanean proposaturiko izena. Ikus Bikendi.

BIKENDI : Euzkarazko BinkentiBikenti edo Bikendi latineko vincens "garaile" hitzetik sortutako Vincentius izenetik dator. Kristauen artean arrakasta handia izen zuen, deabrua garaitu nahia adierazten zuelako. 991n Vincenti aurkitzen dugu Apardozen (Nafarroa), baina aitzinago, erdararen eraginez antza, Bizente nagusitu zen eta goian aipatu formak hagionimian baizik ez ditugu kausitzen. Aldaera honetatik Mikeldi idoloaren izena sortu zen. Done Bikendiren ermitaren ondoan baitzegon. Beste aldaerak BingenBizenBizente eta Bixintxo dira. Baliokidak : Vicente (es) eta Vincent (fr).





Un décès du 27 septembre : Louise Marie Henriette Jeanne de Bettignies.




espionne france premiere guerre mondiale
LOUISE DE BETTIGNIES

Née le 15 juillet 1880 à Saint-Amand-les-Eaux (Nord) - Morte le 27 septembre 1918 à Cologne (Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Allemagne).

C'est un agent secret français qui espionne, sous le pseudonyme d'Alice Dubois, pour le compte de l'armée britannique durant la Première Guerre mondiale.

Louise fait ses études secondaires à Valenciennes.

En 1898, elle part en Angleterre poursuivre des études supérieures chez les Ursulines à Upton (Essex), puis à Wimbledon, et à Oxford.

Elle revient à Lille, à la mort de son père, en 1903.

Louise termine ses études à la faculté des lettres de l'université de Lille, en 1906

Elle travaille d'abord comme préceptrice, puis elle entre au service du comte Visconti de Modrone à Milan (Italie), voyageant en Italie, en Autriche et en Allemagne.

On lui propose de devenir préceptrice des enfants de l'archiduc François-Ferdinand, héritier du trône d'Autriche mais elle refuse et rentre en France, à Lille, début 1914.

Dès l'invasion allemande de la ville de Lille en octobre 1914, Louise décide de s'engager dans la résistance et l'espionnage.

Elle est arrêtée par les Allemands en octobre 1915, condamnée à mort à Bruxelles le 16 mars 1916, puis sa peine est commuée en travaux forcés à perpétuité.

Détenue pendant 3 ans dans la Forteresse de Siegburg (Rhénanie-du-Nord-Westphalie), elle y meurt le 27 septembre 1918, à 38 ans.

Sa dépouille est rapatriée en février 1920, et le 16 mars 1920, une cérémonie funéraire est organisée à Lille au cours de laquelle elle reçoit à titre posthume la croix de la Légion d'honneur, la Croix de guerre 1914-1918 avec palme, la médaille militaire anglaise et elle est faite officier de l'ordre de l'Empire britannique.




espionne france guerre 1914 1918
PLAQUE COMMEMORATIVE POUR LOUISE DE BETTIGNIES

 


Voici le proverbe du mardi 27 septembre 2022 :


ARDO GOZOAK LAU BEGI ETA OINIK EZ.

Le bon vin a quatre yeux mais pas de jambes.


pays basque autrefois chahakoa
BUVEUR AU CHAHAKOA
PAYS BASQUE D'ANTAN




(Source : https://www.herodote.net/ et WIKIPEDIA et https://www.euskaltzaindia.eus/)





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L'OPÉRA LYRIQUE "GUERNICA" DE PEDRO GAILHARD ET DE PIERRE-BARTHÉLEMY GHEUSI EN 1895

L'OPÉRA "GUERNICA" EN 1895.


"Guernica" est un opéra lyrique en 3 actes, écrit en 1895 par P. Gailhard et P.B. Gheusi, avec une musique de Paul Vidal.

Cet opéra a été présenté pour la première fois à l'Opéra-comique le 5 juin 1895.




opera comique guernica 1895
DRAME LYRIQUE GUERNICA 1895



Voici ce que rapporta le quotidien Le Mot d'Ordre, le 10 juin 1895 :



"Opéra-Comique, — Guernica, drame lyrique en trois actes, de MM. Gailhard et Gheusi, musique de M. Vidal. 



Deux poètes, MM. Gailhard et Gheusi, inspirés d’excellentes intentions, ont élu un sujet héroïque et quasi cornélien dans un cadre ornementé par maints souvenirs d’opéra ; un musicien a déchaîné dans l'orchestre, à travers les voix des personnages, le torrent d’une musique de cuivre. Mais l’héroïsme de l’action retentit en ferblanterie comme les tonnerres de théâtre, singes de la foudre ; mais la prétention au drame lyrique du jeune compositeur toulousain se résout en un opéra romanesque de la plus vieille façon.



L’argument du poème est d'une extrême banalité : une jeune ville basque aime un capitaine de l’armée régulière espagnole ; bientôt elle doit convoler avec le "coquet guerrier", mais le frère de l'héroïne, engagé dans les rangs carlistes, combat pour l'indépendance communale des provinces basques. Ainsi il se trouve aux prises avec les troupes espagnoles et tombe sous les balles des soldats du fiancé de sa sœur. Celle-ci, séparée de son officier par le trépas de son frère, ne peut plus que "se vouer à Dieu" ; quant au capitaine, il décide de se faire tuer à la première affaire, il y a aussi un petit Perico, fils de Siebel, sans doute, pauvre garçon qui, énamouré en secret de la sœur, meurt généreusement à côté du frère.



S'il était d'aucune utilité de débattre avec les auteurs, peut-être essaierais-je d'indiquer que cette histoire des fueros et du Parlement basque de Guernica, sans doute importante à Toulouse, est dépourvu pour nous du moindre intérêt. Je piquerais le ballon des personnages, privés de vie autant que de passion, s’agitant vainement, hors du magasin de décors d'où ils proviennent. Comment une musique, forme d’art complète et concrète, pourrait-elle s'appliquer à de tels poncifs ? Ni la facilité, ni l’habileté, ni mime l’improvisation mélodique ne font défaut à la bruyante partition. Mais est-il rien qui vaille la peine d’être retenu dans la banalité tonitruante des trois actes ? faut-il ajouter du prix à des motifs mélodiques qui n’appartiennent pas à la situation et sont plaqués au petit bonheur ? Accordons une mention au duo d'amour, à la chanson de muletier, à la mélodie sur la montagne, ingrédients cuits à point de ce cassoulet lyrique.



Par exemple, nos poètes ont saisi l’occasion d'évacuer un lyrisme trop longtemps continu. Au deuxième acte, l'insurgé carliste déclame des strophes enflammées par la patrie et la liberté qui méritent d'être lues à tête reposée. Ce premier soir, elles durèrent et causèrent quelque émoi.



Les trois auteurs dont la modestie s’est contrainte à un effort de publicité, après s'être présentés eux-mêmes au public, l'ont renseigné sur leurs interprètes. Ils nous ont appris ainsi que Mlle Lafargue "réalisait l’idée complète de son rôle" puisqu’elle est originaire de Biscaye ; que Mlle Elven est "originaire de la région basque" ; qu’enfin Mlle Thévenet, qui chante dans la coulisse, est une Espagnole des Flandres. Sous l'empire de ces détails biographiques, nous rendrons hommage aux promesses de talent dramatique et à la voix ample et timbrée de Mlle Lafargue. Nous noterons une fois encore l’accent dramatique de M. Bouvet ; nous célébrerons l’agrément du ténorino de M. Jérôme et d’un ramage supérieur au plumage. Je parle de la suprématie de l’organe sur l’uniforme.


opera comique actrice france
PORTRAIT DE MLE LAFARGUE
PAR REUTLINGER


opera comique actrice france
SUZANNE ELVEN





opera chanteur acteur comique
PHOTOGRAPHIE DE MAX BOUVET
PAR L'ATELIER NADAR



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 HENRI JEROME


La soirée s’ouvrait par Pris au piège. C'est un badinage sans prétention, comme on dit, une réduction en bluette et en musiquette du Barbier. Le parolier et le musicien y collaborèrent gentiment.



La soirée.



Comme on me prévient que je n’ai pas beaucoup de place, ce soir, à ma disposition, je supprime tout préambule, et même je ne vous dis qu’un mot de celui de Guernica, on y entend l’Hymne carliste que l’on entendra de nouveau toutes les fois qu’il sera question, dans l’ouvrage, de fueros, d’indépendance, de patrie ; or on ne parle guère d’autre chose dans Guernica. Concluez.



M. Carpezat a construit, au premier acte, la maison Marco, toute garnie de guirlandes et de bouquets ; la Madone en a sa part : on peut dire que cette Vierge-là loge en autel garni ! Nella, toute noire et toute fleurie d’oeillets rouges, —- comme le cheval du général Boulanger, — écoute des mandolinistes et des joueurs de tutu-panpan lui jouer, dans le patio, une aubade qui reste trop peu de temps en fa dièze mineur pour s’encanailler en un petit allegretto bien connu, si connu ! Mon voisin exulte en voyant, au mur, une effigie de saint. Je lui demande pourquoi. Il me répond. "Chouette ! c’est saint Antoine ! Peut-être qu’on va nous montrer quelque chose de cochon !"



M. Mondaud a l’air d’un de ces vieux modèles italiens qui posent pour le Père Eternel chez les peintres pompiers ; mais ça n’empêche pas les sentiments, et il écoute avec une majesté condescendante les aveux de sa fille, Mon amour pour l’épouse que tu m’as destiné... motif qui reviendra dès que cette jeune personne parlera de son fiancé.


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ACTEUR OPERA FRANCOIS MONDAUD 


Le voilà, le fiancé : il n’est pas joli ! Bien que ce capitaine Mariano, du 46e, soit l’un des plus joyeux lurons de Bilbao, — sans doute un fort joueur de bilbaoquet, — je sens que, l’épousant, j'aurais du mal à lui être fidèle ; au lieu de boire du vin de coca Mariani. il lui faudrait se mettre au vin de cocu Mariano.



Dans la coulisse, M. Ragueneau chante l'Hymne carliste, dont voici le début en langue basque : Guernikako arbola, Dabede incatuba, Euskaldunen artean, Gustisz maitatuba ; ça n’est pas très clair, mais c’est si doux à l’oreille !




pais vasco antes vizcaya canto himno nacional
CHANSON GUERNICACO ARBOLA

Habanera où les choristes déclarent que les amoureux vont "chercher la lune". C’est un peu grivois. Je ne dirai pas que cet épisode m’a paru comme la lune, et je passe au second acte.



Là plus de musique du tout ! Bouvet parle tout le temps, devant une petite Bourse, installe dans la corbeille des agents de change, pendant que les religieuses du voisinage égrènent des Ave Maria et finissent, émoustillées par l'éloquence de Bouvet, par entonner, elles aussi, Guernikako, Guernikaka. Quel drôle de pays !



Le troisième acte nous montre des soldats couchés avec leurs limousines, bien que la scène ne se passe pas dans la Haute-Vienne. La mignonne Elven, sous le travesti de Perica, impressionne favorablement les fauteuils d'orchestre. Coups de fusil, roulements de timbales. Le capitaine Mariano s’est orné d'une splendide paire d’éperons qui doit être bien commode pour courir dans les rocs (peut-être qu'il s'en sert pour piquer les croupes des monts ?).



Sur le cadavre de ce pauvre Juan (à qui tout à l'heure elle criait : Viens à moi, tout mon cœur t’appelle, avec une quinte augmentée assez poignante), Mlle Lafarge se lamente. Son motif de tendresse, qui a déjà fait les frais du dernier prélude, pleure encore à l'orchestre, haché par les rappels de l’hymne basque. La toile tombe.



pais vasco antes canto himno nacional
CHANT "GUERNIKAKO ARBOLA"
PAYS BASQUE D'ANTAN


Ouvreuse loyale, je confesse qu’à la sortie le livret de MM. Gailhard et Gheusi est peu favorablement apprécié ; on lui attribue l'incertitude du succès, car enfin la pièce a marché gheusi-couça. On trouve que le directeur de l'Opéra aurait mieux fait de s’en tenir à ses attributions.



Chacun son métier, les Basques seront bien gardés."


(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




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lundi 26 septembre 2022

PROVERBE BASQUE DU JOUR ET FÊTE DU 26 SEPTEMBRE 2022 SAINT CÔME ET SAINT DAMIEN - EGIARTE

 


PROVERBE DU 26 SEPTEMBRE 2022 (SAINT CÔME) (SAINT DAMIEN) (EGIARTE).



CÔME ET DAMIEN : Côme et Damien, ces 2 médecins inséparables du 4ème siècle soignaient gratuitement les malades à Aigéai, en Cilicie... et ne manquaient pas aussi de les convertir à la foi nouvelle.



religion catholique saint sainte côme damien
26 SEPTEMBRE SAINT CÔME ET SAINT DAMIEN

Pour cette dernière raison, Côme et Damien ont subi le martyre à Tyr, en Syrie, en 303 ou 310.

Parfois appelés "médecins anargyres"(du grec an- et argyrios, qui refusent l'argent), Saint Côme est reconnu par l'Eglise catholique comme le saint patron des médecins et des chirurgiens. Saint Damien est le saint patron des pharmaciens.

Deux basiliques leur sont dédiées à Constantinople.

On fête Côme et Damien le 26 septembre en Occident, le 1er novembre en Orient.



EGIARTE : Andre Mariaren Kapera Alloz Nafarroan. S. Migel Egiako, Mallabiko baseliza irailaren 29aren aurreko igandean ospatzen du bere jaia meza kantatua eta erromeriarekin.


pais vasco antes navarra monasterio
MONASTERE DE SAN JOSE DE ALLOZ NAVARRE

Deierri (Nafarroa) ibarreko Andre Mariaren ermita. Ama Birjina nekazari bat goldaketan ari zenean agertu omen zen, Allotz eta Lakar herrien arteko mugan, eta horregatik bi herriek omen zuen. Azkenik, ermita irudia aurkitutako lekuan eraikitzen erabaki omen zen, bi herriena izateko. Bada aurkikundeaz mintzo den kanta. Jaiak abuztuaren 11an eta irailaren 8an dira. 



Un décès du 26 septembre : Karl Manne Georg Siegbahn.



suede prix nobel physique
KARL MANNE SIEGBAHN
PRIX NOBEL DE PHYSIQUE 1924


Né le 3 décembre 1886 à Örebro (Suède) - Mort le 26 septembre 1978 à Stockholm (Suède).

C'est un physicien suédois, lauréat du prix Nobel de physique en 1924 "pour ses découvertes et ses recherches dans le domaine de la spectroscopie par rayons X".

Siegbahn soutient son doctorat en 1911 à l'université de Lund, avec une thèse sur les "Mesures du champ magnétique".

Il obtient le prix Nobel de physique en 1924.

Il est lauréat de la médaille Hughes en 1934 et de la médaille Rumford en 1940.

Il meurt le 26 septembre 1978, à 91 ans.

A noter que son fils Kai a également reçu le prix Nobel de physique en 1981.




suede prix nobel physique
MANNE SIEGBAHN
PRIX NOBEL DE PHYSIQUE 1924






Voici le proverbe du lundi 26 septembre 2022 :


ETXEAN GIRO TXARRA, TABERNARA SENARRA.

Si l'ambiance est mauvaise à la maison, à l'auberge va le patron.



dessin tillac auberge cabaret pays basque
A L'AUBERGE 
PAR PABLO TILLAC




(Source : https://www.herodote.net/ et WIKIPEDIA et https://www.euskaltzaindia.eus/)





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UNE VISITE AUX PETITS RÉFUGIÉS BASQUES EN JUIN 1937

UNE VISITE AUX PETITS RÉFUGIÉS BASQUES EN 1937.


Pendant la Guerre civile d'Espagne, des milliers d'enfants ont dû s'exiler et ont été accueillis dans de nombreux pays, dont la France.



pays basque histoire guerre civile réfugiés enfants
ENFANTS BASQUES REFUGIES JUIN 1937



Voici ce que rapporta à ce sujet le journal Regards, le 10 juin 1937 :



"Les enfants bombardés.



Visite aux petits réfugiés Basques.



Ils étaient cinq dans la famille de cet ouvrier de Valence. L'aîné venait de tomber. Les deux grands voulaient se battre à sa place. Les deux petits — un garçon de dix ans et une fillette de huit — refusaient, eux aussi, de partir. Mais le père avait décidé de les sauver. Tant bien que mal on réussit à les embarquer. Déjà en route, ils se révoltèrent. "On nous emmène dans un pays fasciste !". En vain le Français qui s'était chargé d'eux argumentait-il. La petite fille avait pris la tête de l'insurrection et son frère la suivait fidèlement. Arrivés à Paris, accueillis à bras ouverts par une famille où l'on parlait même l'espagnol, les deux enfants restèrent farouches, dressés : "Nous voulons retourner en Espagne !"



Une amie qui a assisté à l'entretien me dit : "Je ne comprends pas l'espagnol. Mais jamais je n'oublierai le ton, l'accent, le jeu de mains et de regards, de cette petite Espagnole de huit ans. Plus tard j'ai su qu'elle disait : "Je ne veux pas être une réfugiée ! Je ne vois pas pourquoi je serai sauvée, quand d'autres mourront ! Si on bombarde Valence, qu'on me bombarde aussi !"



Elle refusa de manger. Son frère l'imita. Epouvantés par cette grève de la faim, ne sachant comment agir en face d'une détermination aussi absolue, ceux qui avaient adopté les deux enfants consultèrent l'ambassadeur d'Espagne. On les conduisit à l'Ambassade. Et pendant près d'une heure l'homme qui représentait à Paris le gouvernement de son pays en guerre, discuta avec la petite fille de Valence, huit ans. Discuta comme avec une grande personne. Puis il sortit et dit à ceux qui attendaient :

"Rien à faire. Nous n'avons pas le droit de les retenir ici contre leur volonté. On les renverra à Valence. "



Alors seulement la petite fille consentit à manger. Et le peu de temps qu'elle resta à Paris jusqu'à son départ, elle joua, gambada, rit avec tout le monde. Elle était redevenue une enfant.



J'ai vu une autre petite fille espagnole, dans un joli jardin d'enfants près du Parc Montsouris. La famille qui l'a adoptée l'envoie là, et son frère, recueilli par une famille voisine, y vient aussi. Elle est entrée, toute froufroutante dans sa robe claire, un grand nœud de soie dans ses cheveux bouclés. Nous venions de voir les petits Basques, les cent derniers arrivants, entièrement rasés. Il a bien fallu, par mesure d'hygiène, s'y décider ! Mais ils ont l'air, avec leurs têtes tondues, de petits forçats. Echappés de ce bagne d'enfants d'un nouveau genre qu'est Bilbao !



Leurs grands yeux leur mangent tout le visage. C'est l'heure de la sieste; ils sont étendus sur leurs lits dans la pénombre de l'immense dortoir. La tête nue, les pieds nus, le petit bout de corps maigriot enveloppé dans le tricot ou le blouson qu'ils ont porté pendant tout le voyage. Ils ont grand besoin de vêtements. On leur en envoie, mais ce n'est jamais assez. L'Hôpital Espagnol au 53, rue de la Pompe, dès que ceux-là seront casés, en recevra une centaine d'autres. Ils arrivent tout juste avec ce qu'ils ont sur le dos ; l'Office de l'Enfance qui fonctionne à Bilbao les a recrutés à la hâte, tantôt amenés par leurs parents, qui veulent sauver au moins les plus petits, tantôt égarés sans qu'on sache où se trouve la famille, tantôt déjà orphelins.


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HÔPITAL ESPÄGNOL
53 RUE DE LA POMPE PARIS 16ème



Des adolescentes, de quelques années à peine plus âgées qu'eux, les ont accompagnés sur le bateau, comme surveillantes improvisées. L'une était infirmière ; sa sœur n'a pas voulu partira elle est restée avec leur mère, dans la ville. Une autre faisait des cigarettes ; elle ne sait pas où sont les siens. "Quand nous partions, un avion allemand est apparu. Les enfants l'ont vu. Tous, nous pensions déjà que c'était fini. Mais après avoir tourné au-dessus de nous, il s'est éloigné. Nous ne savons pas sur qui il a jeté ses bombes."



Un tout jeune blessé de guerre, qui parle le français avec un accent parisien — il a fait son éducation dans un lycée de Paris, est reparti chez lui, s'est engagé, a reçu une balle dans le ventre, est ici en convalescence — nous sert d'interprète auprès des enfants. Les grands garçons de douze ans, l'œil intelligent, alerte, sont à l'affût des questions ; ils tâchent, prêtant l'oreille à la langue inconnue, d'en deviner le sens.


— Savez-vous quel est le gouvernement du pays où vous êtes ? 

— Républicain !

— De gauche !

— Pas de roi !



Pour bien accentuer ce fait, tous les petits poings bronzés se lèvent à la fois.

— Où préférez-vous aller : dans une institution avec beaucoup d'enfants, ou dans une famille ?

— Une famille ! Une famille !



La réponse est unanime. Tous préfèrent une famille. Sans doute ont-ils en eux l'image de quelque orphelinat rigide, où l'on marche en silence deux par deux, un pion noir devant, un pion noir derrière. En tout cas, le vœu de ceux-ci sera exaucé : dans quelques jours, par les soins du Comité d'Accueil de la C. G. T., chacun d'eux sera placé dans un foyer. Familles ouvrières, dont beaucoup ont cinq, six, huit enfants : "Ça ne fait rien, on prendra encore ç'ui-là ! Quand y en a pour tant, y en aura pour ç'ui d' Bilbao ! Un d'plus, c'est pas une affaire !"




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ENFANTS BASQUES REFUGIES JUIN 1937




La Maison Espagnole de la rue de la Pompe, non seulement reçoit jusqu'à leur adoption les petits arrivants basques, mais depuis quelques mois, héberge en permanence une centaine d'enfants. Une école franco-espagnole a été créée sous les arcades pleines de grâce de l'ancien couvent. Le Dr Guillermo Angulo la dirige, lui qui était professeur à l'Ecole de Puériculture de Madrid ; aujourd'hui, cette école est détruite.



Près de 4 000 enfants d'Espagne et du Pays Basque sont placés jusqu'à présent par le Comité d'Accueil dans des familles ou dans des colonies. Une quinzaine de centres, dans tous les coins de la France, les ont accueillis : il y en a maintenant, de ces petits visages mats et volontaires, dans le Camp de la Mauresque, à Port-Vendres ; dans le Camp des Ecureuils, à Cap-Breton ; à la Colonie de l'Enfance Heureuse, en l'Ile d'Oléron ; au Château des Halles, à Sainte-Foy-l'Argentière ; et dans dix autres encore, sans compter la Maison du Comité Français de Secours aux Enfants, à Compiègne, entretenue par les ouvriers suédois, et l'Ecole de plein air de Dabeaux, avec les cinquante-cinq enfants d'instituteurs espagnols que recueillent des familles d'instituteurs français.



Et les avions hitlériens continuent à bombarder...



Involontairement, devant les petites têtes rasées appuyées aux sveltes colonnettes de la cour de couvent, je me rappelle d'autres enfants réfugiés, ceux-là dans une cour de caserne. C'est le printemps 1933, le vent souffle, les vitres de la caserne désaffectée sont cassées, les paillasses sont à même le sol, il n'y a pas de lumière dans les escaliers, la zone de la Porte de Clignancourt empuantit la route, les enfants avec leurs mères sont là, — les enfants de socialistes, de communistes, de démocrates, de Juifs allemands chassés par Hitler.


Ce sont les mêmes enfants.



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ENFANTS BASQUES REFUGIES JUIN 1937



C'est le même hitlérisme.


Seulement, depuis, il a forgé de nouvelles bombes.



On peut envoyer les dons en argent à : "Regards", ou au Comité d'Accueil de la C. G. T., 211, rue Lafayette."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)



Merci ami(e) lecteur (lectrice) de m'avoir suivi dans cet article.

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