Le film "La Reine de Biarritz" est un film français, réalisé par Jean Toulout, d'après la pièce de Romain Coolus et Maurice Hennequin, et sorti en salles le 30 décembre 1934.
AFFICHE FILM LA REINE DE BIARRITZ REALISE PAR JEAN TOULOUT 1934
Voici ce que rapporta au sujet de ce film la presse nationale, dans plusieurs éditions :
L'Oeuvre, le 7 décembre 1934 :
"La reine de Biarritz" au Paramount.
Du mouvement, de la gaîté dans une atmosphère mondaine, légèrement conventionnelle ; tel est le cadre de La reine de Biarritz.
En pleine saison, à Biarritz. Tout le monde n'a d'yeux que pour la ravissante Elenita, marquise de Sierra Mirador, surnommée "La reine de Biarritz", dont le mari, Esteban, possède la plus belle ganaderia d'Espagne.
Elenita est l'objet d'une cour empressée et... inutile, car elle est honnête. Parmi ses adorateurs, elle a cependant distingué le jeune Français Gaston Merville, dont la jeune femme, Denise, jalouse, fait à la marquise un affront dont celle-ci entend se venger ; elle cédera à Gaston. Mettant à profit le départ de son mari pour une course de taureaux à Pampelune, elle lui donne rendez-vous chez elle, le soir même.
Roger Charencel, père de Denise Merville, récemment remarié et en voyage de noces, vient rejoindre. avec sa femme Marguerite, le jeune ménage à Biarritz. A sa grande surprise, il trouve Denise très montée contre son mari. Désireux de ramener son gendre dans le droit chemin, il décide d'intervenir.
Or Elenita est courtisée en même temps par un pseudo-comte Bolinski, qui aurait combiné un plan pour s'emparer de son merveilleux collier. Il a fait venir de Paris, pour l'aider dans ce cambriolage, un malheureux, Ramondin, qu'il croit, dessalé et qui est à la fois un capon et un. parfait gaffeur. Ce Ramondin mettra involontairement mille bâtons dans ses roues.
Inopinément, Charencel tombe au milieu du rendez-vous de son gendre et d'Elenita ; il l'oblige à congédier Gaston.
Resté seul avec elle, il cherche à s'excuser de son intervention quand on entend du bruit. Ce sont les deux cambrioleurs qui commencent à opérer. Dans l'obscurité, pugilat de Charencel avec le pseudo-Bolinski, qui parvient à s'échapper. Elenita, qui avait été déçue par le manque de cran de Gaston, est enthousiasmée par le courage de Charencel, qu'elle compare aux plus illustres toreros. Son admiration et sa reconnaissance, la font tomber dans ses bras. Ramondin surprend ces ébats amoureux.
ACTRICES ET ACTEUR MARGUERITE MORENO JEAN DAX ET ALICE FIELD
Prenant Charencel pour le marquis et tentant d'arranger les choses, Ramondin multiplie les gaffes et embrouille tout, jusqu'à l'arrangement final pour le mieux et le bonheur de tous.
Alice Field, Léon Bélières, Marguerite Moreno, André Burgère, Renée Devilder, Arlette Dubreuil et Jean Dax mènent rondement et joyeusement cette comédie, trépidante de fantaisie."
ACTEUR JEAN DAX
FILM LA REINE DE BIARRITZ REALISE PAR JEAN TOULOUT 1934
Pour vous, le 13 décembre 1934, sous la plume de Roger Régent :
"La Reine de Biarritz.
(Film parlant français).
M Jean Toulout est surtout connu du public comme l’interprète de nombreux films muets et parlants, et l’on n’a pas oublié qu’il fut un puissant Javert dans une lointaine adaptation cinématographique des Misérables, très antérieure au récent film de Raymond Bernard.
ACTEUR REALISATEUR JEAN TOULOUT
Jean Toulout se présente maintenant à nous comme metteur en scène. On eût souhaité qu’il choisit, pour s’exercer à ce nouvel art, un sujet plus original que celui de cette comédie-vaudeville signée Maurice Hennequin et Romain Coolus.
Alice Field, jeune comtesse espagnole, fait courir tout Biarritz. Elle est sacrée reine de la ville, et tous les jeunes gens de la plage s’empressent lorsque la beauté fatale lève le petit doigt. Parmi la bande d’admirateurs, André Burgère semble sur le point de réussir auprès de la jeune comtesse, qui lui donne un rendez-vous clandestin chez elle, à dix heures du soir.
"Mon mari ne sera pas là !..." Ce mari, satisfaisant pour une femme coquette, part en effet pour Pampelune, sous prétexte de corrida sensationnelle.
On pense tout de suite au retour inopportun. Pas si vite !... Le jeune André Burgère se révèle bientôt à la reine de Biarritz comme absolument inapte à remplir son rôle d’amant idéal. Il tremble au moindre bruit, et lorsque son beau-père (il est marié), qui l’a suivi, fait irruption dans l’appartement, André Burgère ne saura que s’esquiver lamentablement, à la grande joie d’Alice Field, qui n’a pas ainsi la peine de le congédier.
ACTEUR ANDRE BURGERE
M. Beau-Père va se retirer dignement lorsque des cambrioleurs s’introduisent dans la villa, à la grande frayeur de la reine de Biarritz. Devant l’attitude héroïque de son compagnon, la jeune femme tombera dans ses bras, non sans avoir comparé la maladresse des jeunes rigolos et l’expérience de l'"homme de quarante ans "...
Après de multiples aventures (le retour du mari, trois scènes de ménage entre trois couples différents, une escroquerie, la déconvenue d’un brave voleur malgré lui, etc., etc.), tout rentre dans l’ordre et la jolie reine de Biarritz revient à son grand d’Espagne.
Mlles Alice Field, Renée Devilder, Arlette Dubreuil, MM. André Burgère, Jean Dax, Léon Bélières, Pierre Moreno, etc..., s’efforcent de donner de la vie ou de la drôlerie à leurs personnages, et Marguerite Moreno, dont le métier fait merveille, assène avec autorité quelques mots d’auteur dont l’effet est certain."
ACTEUR ANDRE BURGERE
AFFICHE FILM LA REINE DE BIARRITZ REALISE PAR JEAN TOULOUT 1934
La Liberté, le 1er décembre 1934, sous la plume de Raoul d'Ast :
"Chez la Reine de Biarritz.
ACTRICE ALICE FIELD 1935
— Allons présenter nos devoirs à Sa Majesté, me proposa Paoli, chef de publicité de la Compagnie Française Cinématographique. Peut-être daignera-t-elle nous recevoir et se laisser interviewer par vous.
Ainsi fut fait. La Reine de Biarritz, en la circonstance Alice Field, habite un appartement d’un modernisme à la fois simple et recherché, dans lequel nous introduisit une dame d'atours des plus accueillantes. Quelques minutes plus tard. Sa Majesté élevait, de la meilleure grâce du monde sa gentille main à la hauteur de nos lèvres respectueuses.
— Abolissons tout protocole, dit-elle sans façon. A tout à l’heure les affaires sérieuses...
Elle se dirigea alors vers un meuble placé dans l’angle de la pièce et qui, vu de dos, paraissait être un piano droit.
— Erard ou Pleyel ? demandai-je pour dire quelque chose.
— Ni l’un ni l’autre, répondit-elle en le contournant. Simplement un bar.
Puis, réapparaissant avec une bouteille de porto, Sa Majesté, de la façon la plus démocratique, daigna verser dans nos verres le précieux nectar spécialement réservé pour son auguste table.
ACTRICE ALICE FIELD
Après un discret claquement de langue appréciateur, je passai, en m’abritant derrière l’abandon du protocole, à l’objet de ma visite.
— Alors, cette Reine de Biarritz ?
— Un film que je crois excellent. Il a été réalisé par Jean Toulout, d’après la pièce de Maurice Hennequin et Romain Coolus. Je l'ai tourné avec plaisir.
— Pas d’incidents spéciaux, lors de la réalisation ?
— Aucun. Je suis navrée de ne pouvoir vous raconter aucune histoire à ce sujet... Les films heureux, comme les peuples idem, n'ont pas d’histoire...
— Je me rallie donc à la formule consacrée. Tout s’est passé dans une atmosphère de cordialité, de confiance mutuelle et de bonne humeur absolue.
— Comme vous dites. Pour une fois... c’est vrai.
Tandis qu’Alice Field parlait, une lampe voilée d’une léger satin blanc mettait en valeur l’or de ses cheveux. Car Alice Field est blonde depuis qu’elle a si magnifiquement créé, à l’écran, Cette vieille canaille, du regretté Nozière. Il était permis de croire que ce passage inattendu du brun au blond — car l'Alice Field que nous avons connue était brune — représentait une fantaisie de jolie femme. Or, la Reine de Biarritz ne m’a pas permis ces espoirs.
— Je n’ai jamais été brune... mais châtain, et même châtain clair... ce qui faisait brun à l’écran... Et je n’ai nullement l’intention d’abandonner ma "blondeur" actuelle...
— Pourtant, vous êtes née native d'un pays où les blondes sont rares ?
— C’est vrai ; je suis née à Alger, mais de père provençal et de mère espagnole, de Valence. Et comme mon père avait lui-même des parents corses... j’aurais peut-être le droit d’être brune...
— C’est pourquoi vous êtes blonde ? En raison de la logique "di femina".
— Exactement...
ACTRICE ALICE FIELD
Alice Field me rappelle ensuite que la Reine de Biarritz, qui sera présentée le 4 décembre, au matin, au Colisée, passera la même semaine sur l’écran du Théâtre Paramount. Léon Belières, Marg. Moreno, Renée Devilder et Arlette Dubreuil font partie de la distribution. Quelques souhaits et nous quittons le délicieux écrin qui renferme la reine. Sur le seuil de la porte, Paoli, tout fier des ascendances corses dont s'est réclamée Alice Field, fait une dernière remarque :
— Mais... je croyais que toutes les têtes couronnées étaient à Londres, aujourd’hui ? Vous êtes-vous fait représenter, au moins ?
— C’était inutile, lui répond Alice Field... Biarritz est en France... Et l’esprit français n’est-il pas présent partout ?"
Depuis la seconde partie du 19ème siècle, les jeux de blaid désignent "l'ensemble de spécialités de la pelote basque, où la pelote est jouée contre le mur".
PELOTE JEUX OLYMPIQUES PARIS 1924
Voici ce que rapporta à ce sujet le quotidien L'Oeuvre, le 24 juillet 1924, sous la plume de Marcel
Delarbre :
"Les règles d'un vieux sport qui devrait être olympique.
Le programme des Jeux Olympiques ne comprenait ni la paume, ni la pelote. Les paumistes n'ont pas osé, mais les pelotaris ont demandé que l'on fasse place à leur sport favori.
Au moment où les pelotaris font claquer leurs petites balles sur le nouveau fronton du Point du Jour, il nous paraît intéressant de rappeler les variétés du jeu de pelote basque, qui devrait être répandu en France plus qu'il ne l'est actuellement.
La pelote comprend deux jeux fondamentaux : le rebot, le plus ancien, et le blaid (prononcez blé) qui constitue une innovation relativement récente.
Le blaid se joue "en place libre" ou au "trinquet". Il est pratiqué à mains nues et à chistera.
AFFICHE GRANDES FÊTES INTERNATIONALES DU PAYS BASQUE AOÛT 1892 AVEC PARTIE DE BLAID AU CHISTERA
Le terrain de jeu est un rectangle parfois cimenté, le plus souvent en terre battue, limité par un mur de face ou fronton proprement dit et, exceptionnellement, par un mur de fond appelé mur de "rebot".
L'ensemble se nomme "la place" ou le "fronton". On appelle de son nom espagnol "cancha" la piste où évoluent les pelotaris .
Les dimensions de la piste et du mur sont assez variables.
Le fronton de Paris, que la Fédération française de pelote basque vient d'édifier, 2, quai du Point-du-Jour, à Auteuil-Billancourt, pour les Jeux Olympiques, doit être considéré comme un "fronton type". En voici les caractéristiques : mur, hauteur 11 mètres au milieu, 8 mètres sur les côtés ; largeur, 17 mètres.
FRONTON BASQUE BOIS DE BOULOGNE PARC DE ST-JAMES
Jadis, au pays basque, on construisait le mur en pierres taillées, larges et unies comme des dalles. Les anciens joueurs voyaient dans cette homogénéité de la construction une condition de régularité de la partie. Le mur de face du fronton de Paris est construit en moellons revêtus d'une chape de ciment. La piste a la même largeur que le mur. Sa longueur atteint 90 mètres. Le fronton de Paris possédera l'an prochain un mur de rebot qui servira également à jouer au blaid à mains nues.
Le blaid se joue soit à mains nues, soit à l'aide d'un engin qui, selon sa mode de fabrication et sa forme, prend le nom de chistera, sorte de gouttière en osier avec gant de cuir ou de pala, qui est une raquette.
Les joueurs sont généralement au nombre de 6 : trois dans chaque camp. Deux se tiennent à l'avant, l'un à droite, l'autre à gauche, le troisième à l'arrière.
PELOTE JEUX OLYMPIQUES 1924
Après avoir tiré au sort, un avant du camp favorisé lance la pelote contre le mur, un adversaire la reprend soit à la volée, soit à la demi-volée, soit après le premier bond, et la partie se continue ainsi, jusqu'à ce que l'un des pelotaris commette une faute.
Il y a faute lorsque la pelote n'est pas reprise soit au vol, soit après le premier bond ; lorsqu'elle touche le sol avant de frapper le mur de face ; lorsqu'elle frappe ce mur au-dessous de la ligne tracée horizontalement à 0 m. 90 du sol ; lorsqu'elle sort des limites de la cancha, enfin lorsque, au moment de l'engagement de la partie ou bien après un point gagné, elle ne dépasse pas la raie du but.
Sauf convention contraire, on trace la raie du but à 15 mètres du fronton dans le blaid à mains nues et à 25 mètres dans le blaid à chistera.
Chaque faute compte un point pour le camp adverse.
Une partie se joue en 45, 50, 60, 70 ou 50 points, selon les conventions. Lorsque les deux camps se trouvent à égalité dans la dernière dizaine, ils ont la faculté de prolonger. Mais il suffit qu'un joueur s'y oppose pour qu'il n'y ait pas de prolongation.
Telles sont les règles essentielles de la Pelote basque, qui a les honneurs de l'Olympiade."
(Source : https://www.archives-abbadia.fr/cache/document_171-800h.jpg et gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
Merci ami(e) lecteur (lectrice) de m'avoir suivi dans cet article.
Plus de 7 100 autres articles vous attendent dans mon blog :
Paul Marie Bolo, plus connu sous le nom de Bolo Pacha ou Bolo-Pacha, né le 24 septembre 1867 à Marseille et exécuté le 17 avril 1918 au fort de Vincennes, était un aventurier français.
BOLO PACHA FEVRIER 1918
Voici ce que rapporta à son sujet le quotidien L'Oeuvre, le 4 décembre 1917 :
L'interrogatoire des inculpés et les dépositions des témoins se succèdent interminablement.
Le pacha a été interrogé à nouveau hier matin, de 9 h. 30 à 11 li. 30, par le capitaine Bouchardon, sur l'ensemble des faits relevés à sa charge.
Pendant ce temps, le lieutenant-substitut, Jousselin recueillait la déposition d'une ancienne marchande de chaussures de Buenos-Ayres. Celle-ci a rapporté sur Bolo qu'il lui était toujours redevable d'une paire de chaussures de 33 francs, en garantie de l'achat desquelles il lui avait laissé à réparer une seule botte, qu'il oublia toujours de faire reprendre par son domestique.
On comprendra que, si ce sont là des faits de moralité, il n'en est guère besoin pour modifier la gravité des charges de l'inculpation.
Dans l'après-midi, le capitaine Bouchardon a entendu plusieurs témoins, parmi lesquels deux députés, dont M. Maurice Ajam, député de la Sarthe, ancien sous-secrétaire d'État à la marine.
PIERRE-LOUIS MAURICE AJAM DEPUTE ET MINISTRE
M. Maurice Ajam a déposé sur les relations de M. Joseph Caillaux avec Bolo pacha.
Lors des événements qui se déroulèrent en Champagne en 1911, M. Ajam menait auprès des vignerons une campagne en faveur de la délimitation ; il fit à cette occasion la connaissance de Bolo.
On sait quel rôle singulier — pour le moins — joua Bolo au cours des émeutes dont la Champagne fut le théâtre à cette époque.
C'est peu après ces événements que M. Maurice Ajam présenta Bolo à M. Caillaux.
Le capitaine Bouchardon recueillit ensuite le témoignage de M. d'Iriart d'Etchepare, député de Pau. Celui-ci fit la connaissance de Bodo pacha au début de l'année 1914, à Biarritz.
LOUIS D'IRIART D'ETCHEPARE DEPUTE ET MAIRE DE PAU PAYS BASQUE D'ANTAN
Vers la fin d'août 1914, le député des Basses-Pyrénées rencontra Bolo à Paris. Celui-ci lui parut être très ennuyé, et, comme M. d'Iriart d'Etchepare lui demandait la cause de ses soucis, Bolo lui avoua qu'il ne savait comment faire pour avoir de l'argent, en raison du décret réglant le moratorium sur les disponibilités des fonds en banque.
Après lui avoir expliqué le dispositif du décret, le député de Pau consentit à accompagner Bolo jusqu'à une succursale de la Société Générale, où, en sa présence, le pacha toucha les 10 p 100 prévus par le moratorium sur son compte-courant, soit 7 000 francs.
Le témoin déclara au capitaine Bouchardon que, ce même jour, il avait vu entre les mains de Bolo des titres de rente 3 p. 100 appartenant à sa femme et représentant, croit-il, un capital de plusieurs millions.
Depuis cette époque, M. d'Iriart d'Etchepare revit le pacha assez fréquemment jusqu'en 1916. Bolo ne faisait mystère à personne de ses hautes relations, notamment avec le khédive Abbas Hilmi.
ABBAS II HILMI BEY KHEDIVE D'EGYPTE ET DU SOUDAN
Au début de 1917, le député des Basses-Pyrénées apprit de M. Coggia, préfet de son département, que Bolo faisait l'objet d'une surveillance particulière. Celui-ci était effectivement inculpé depuis février 1917, et M. Coggia avait prévenu le ministre de l'intérieur qu'il y aurait lieu de rappeler Bolo à Pari, pour la soustraire à l'envie qu'il pouvait avoir de traverser la frontière et de se dérober ainsi à la justice de son pays.
M. d'Iriart d'Etchepare jugea Bolo un bluffeur peu habile. Il ne lui croit pas assez d'envergure pour avoir mené les affaires de trahison au sujet desquelles il est présentement inculpé.
Le capitaine Bouchardon a encore appris par un témoin bénévole que Bolo, au début de la guerre, avait essayé de lancer dans les milieux médicaux, un produit anesthésique nouveau, la "tocanalgine" qui, disait-il, devait rendre les plus signalés services aux blessés de guerre. Les rapports médicaux se trouvant être contradictoires sur la valeur du produit, l'affaire, à laquelle participèrent quelques Italiens, ne donna aucun résultat financier.
Dans la soirée, le lieutenant-substitut Jousselin a de nouveau recueilli la déposition d'un journaliste actuellement maréchal des logis d'artillerie.
M. Pachot, commissaire aux délégations judiciaires, a procédé à un certain nombre d'opérations, sur mandat du capitaine-rapporteur.
Ce matin, le capitaine Bourchardon entendra un personnage important à propos de l'affaire au Bonnet Rouge..."
A suivre...
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
Merci ami(e) lecteur (lectrice) de m'avoir suivi dans cet article.
Plus de 6 800 autres articles vous attendent dans mon blog :
François Duhourcau, né le 5 février 1883 et mort le 3 mars 1951, à Bayonne, est un romancier, essayiste et historien français, lauréat du Grand prix du roman de l'Académie française en 1925.
FRANCOIS DUHOURCAU
Voici ce que rapporta à ce sujet le journal L'Oeuvre, le 15 mai 1936 :
"Le Basque, M. Duhourcau et le "herr doktor"...
Ce n'est pas une simple histoire.
Le Temps, qui n'en a pourtant pas à perdre, vient de consacrer un éditorial à ce que l'on nomme, depuis qu'il est des hommes et qui écrivent, "l'énigme basque". Le Temps note que M. François Duhourcau apporte, dans les ténèbres des origines du peuple basque et de leur langue, "une petite lueur singulière". "Le Basque, dit-il, serait proche parent de l'Etrusque. Et de demander : "Nous aimerions savoir ce qu'on en pense entre Hendaye et Elizondo".
A défaut de nouvelles d'Elizondo ou de Hendaye, voici ce qu'on en pense du côté d'Itxassou, quand on se flatte d'être de race euskarienne et qu'on a, sans aller jusqu' "aux Amériques", passé quelquefois les frontières.
Nous avons interrogé Y. Carricaburu, une des jeunes personnalités les plus sympathiques du pays basque. Et voici ce que notre amie nous répond — avec, bien sûr, le sourire :
"L'article du Temps ne nous a pas autrement étonnés. On avait, en effet, déjà annoncé aux Basques moyens la découverte de M. Duhourcau. Et puis nous commençons à nous familiariser avec les miracles. Car nous n'en sommes pas, Dieu merci, à une solution près.
Pour ne contrarier aucun érudit, force nous est d'admettre que nous sommes venus poussés par les quatre vents, des quatre points de l'horizon. Nous ne croyons pas du tout, n'en déplaise au Temps, que nous sommes tombés tout droits, debout sur nos pieds, de quelque planète inconnue. en même temps que l'aérolithe du rocher de la Vierge, à Biarritz. Nous ne sommes pas vexés de venir "d'ailleurs", comme les autres. Ce qui nous agace, c'est la vulgarisation de "l'énigme basque". Pour peu qu'elle continue de glisser tout doucement du domaine de la science dans celui de la littérature, elle deviendra bientôt, en morte saison la concurrente la plus redoutable du bon vieux serpent de mer.
ROCHER DE LA VIERGE BIARRITZ EDITEUR KILLINGER
Je me souviens du jour ou je fus, quant à moi, placée en face de l'"énigme". Nous venions, cette saison-là, tout droit de l'Atlantide. Et je crois toujours — malgré ce qu'on a vainement essayé de me démontrer par la suite — que c'est la solution la plus satisfaisante, Rien, d'ailleurs, n'a pu me ravir autant, en mes quinze ans, que la perspective d'être petite parente d'Antinéa.
Si j'en crois mon expérience personnelle, le nombre des hantés par "l'énigme basque" est plus considérable qu'on ne le croit communément. Ils forment une secte, en apparence inoffensive, mais assez redoutable pour les gens qui sont de race pure et d'humeur voyageuse. Affublée d'un nom comme le mien, on n'évite pas indéfiniment, à l'étranger, le Japonais qui se croit votre cousin parce que "Yoko-ama" peut, à la rigueur, se traduire, en basque, par "jeu" et "maman", et que Tokio est, somme toute, assez proche de Tokia. On ne peut pas non plus indéfiniment se soustraire à la dame anglaise qui a découvert de troublantes similitudes entre les danses du pays de Soule et les danses de son propre county. Et l'on rencontre même, ô monsieur Duhourcau ! le herr doktor qui a déjà écrit une thèse sur les origines communes des Basques et des Etrusques. Je l'ai vu de mes propres yeux, à Pérouse, en l'été 33, et si j'ai, de justesse, évité l'explication de son point de vue particulier en un italien approximatif, il vous sera aisé de retrouver sa trace en vous adressant, au professeur d'étruscologie de la Regia Università itatiana per Stranieri, Perugia (Umbria) dont il fut, sans aucun doute, un des élèves les plus distingués.
J'ai, quant à moi, négligé l'initiation à l'énigme étrusque, et je suis bien empêchée de dire si les Analogie con altri gruppi linguistici ou les Conietture sulla probabile natura fondamenlale dell' Etrusco jettent un jour nouveau sur la question de nos origines, mais j'ai longuement regardé, pour le seul plaisir de leur fière allure, les murailles étrusques ; je me suis enfoncée dans les galeries du tombeau "dei Volumni", après avoir tout un matin marché à travers la plaine d'Ombrie dont la lumière (soit dit en passant, et c'est peut-être une preuve irréfutable) est bleue comme je croyais seule bleue la lumière du pays basque.
HYPOGEE DES VOLUMNI Par CyArk — CyArk, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3819490
Tout bien réfléchi et puisque après tout l'Atlantide est un peu démodée, je ne vois pas d'inconvénient sérieux à descendre des Etrusques. A Ciboure, l'on fabrique, en terre cuite, des vases étrusques. Mais quelques urnes funéraires, enjolivées à la fois de scènes familiales et d'ornements spécifiquement grecs seraient un attrait de plus dans le petit cimetière du musée basque. Et qu'on n'oublie pas de pourvoir mon immédiat voisinage de quelque méduse sœur de celle dont le visage douloureux, dans le tombeau "dei Volumni", est la plus belle clef de voûte qui se puisse imaginer..."
VASE POTERIE DE CIBOURE PAYS BASQUE D'ANTAN
Transmis au Temps. Avec prière de faire suivre à M. Duhourcau."
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
Merci ami(e) lecteur (lectrice) de m'avoir suivi dans cet article.
Plus de 7 000 autres articles vous attendent dans mon blog :
— Le maréchal Pétain, accompagné du général Vauthier, du lieutenant-colonel Bonhomme et de cinq officiers de sa maison militaire, ses collaborateurs à l'ambassade d'Espagne, est passé ce matin, à 7 h. 11, en gare de Bayonne, où il a été salué par le général Montagné, commandant la 18e région, et par plusieurs officiers.
Puis le convoi, auquel était attaché le wagon spécial, s'est éloigné vers Hendaye. Il a été salué, en gares de Biarritz et de Saint-Jean-de-Luz, par une foule très nombreuse, qui s'est livrée à des manifestations de sympathie et de patriotisme à l'égard du maréchal Pétain.
Le train est arrivé à 8 h. 30, à la gare d'Hendaye, qui avait été décorée de drapeaux tricolores et de plantes vertes, et au milieu de laquelle s'étaient massées les autorités et la foule.
On notait parmi les officiels : MM. Surchamp, préfet des Basses-Pyrénées, Daguerre, sous-préfet de Bayonne ; les maires d'Hendaye et de Saint-Jean-de-Luz ; le général Aublet, commandant le 18e régiment d'infanterie ; le commissaire divisionnaire Laurens. Tout le haut personnel de l'ambassade de France, à la tête duquel se trouvaient MM. Gazel et Las Martre, respectivement conseiller à l'ambassade de France, et consul général de France à Saint-Sébastien, a présenté ses salutations au maréchal.
Après s'être fait présenter diverses personnalités civiles et militaires, le maréchal Pétain, qui avait pris son petit déjeuner dans le train, sort de de la gare avec l'intention de se rendre à pied jusqu'au pont international. Les ligues patriotiques et les associations d'anciens officiers de réserve du pays basque avaient réservé au Maréchal une chaude réception. Dans la cour de la gare, les officiers de réserve et les délégués desdites associations sont rangés, tandis qu'un piquet du 18e régiment d'infanterie rend les honneurs. Les clairons sonnent Aux champs et le Maréchal passe en revue les délégations militaires d'activé et de réserve.
MARECHAL PETAIN A HENDAYE 16 MARS 1939
Des acclamations sans fin montent d'une foule que l'on peut évaluer à deux ou trois mille personnes, venues de tous les points du pays basque, et contenues avec peine, sur la place et aux alentours, par un important service d'ordre.
Trois petites filles, dont l'une habillée en Lorraine, les deux autres à la mode du pays, se détachent et remettent au Maréchal une gerbe de fleurs tricolores. Le Maréchal se penche vers les enfants et les embrasse.
Puis M. Ardelechet, président de l'Union Nationale des Combattants du pays basque, au nom de son groupement, lui remet, un maquila d'argent.
Selon le désir qu'il a manifesté, le Maréchal se rend ensuite à pied au pont international, tandis que, de tous côtés, fusent les cris de "Vive la France", "Vive Pétain". Des fleurs sont jetées du haut des balcons.
A l'approche du pont de Béhobie, les officiers de réserve de la côte basque sont là, sabres au clair, pour faire une haie d'honneur au Maréchal qui leur serre la main. Nombre d'entre eux ont servi sous ses ordres et, avec ceux qu'il reconnaît, il s'attarde un instant.
La foule nombreuse qui s'est massée près du pont applaudit.
Lentement, le maréchal Pétain s'engage, toujours à pied, sur le pont, suivi du personnel de l'ambassade.
L'accueil des autorités franquistes.
Le maréchal a été accueilli et salué, au pont même, par le général Baigorry, gouverneur militaire du Guipuzcoa, au nom du général Franco ; M. Juan Texeidor, au nom du général Jordana ; le colonel Ungria, chef de l'ordre public ; le colonel Sanz Agero, commandant de la frontière, et les autorités de la comnandencia d'Irun.
MARECHAL PETAIN ET COLONEL SANZ AGERO IRUN MARS 1939
Les présentations faites, le maréchal a été rapidement salué par une délégation d'anciens combattants français résidant en Espagne et est monté dans sa voiture, qui l'attendait moteur en marche.
Les membres de la colonie française, pas plus que les représentants de la presse internationale, qui étaient venus attendre l'ambassadeur de France, n'avaient été autorisés à s'approcher du pont. Une petite fille portant une gerbe de fleurs nouée aux couleurs françaises tendit son bouquet à bout de bras, au passage de la voiture du maréchal.
D'Irun, la caravane, composée des voitures de l'ambassade, du consulat et de la presse, gagna Saint-Sébastien à petite allure, après avoir marqué un temps d'arrêt à chacun des deux postes de garde qui barrent la route entre les deux villes.
Le Maréchal, à son arrivée à Saint-Sébastien, s'est directement rendu à, la villa "Zinza" qui sera sa résidence et dont les portes ont été fermées aussitôt après le passage des voitures officielles, venues d'Irun.
Après avoir pris possession de sa villa, le maréchal Pétain a fait une rapide visite de la ville, en voiture, en compagnie du général Vauthier, et de M. Las Martres, consul général de France. Il est rentré à la villa "Zinza", à 11 heures.
Le maréchal a déjeuné à midi, c'est-à-dire en avance de deux heures sur les Espagnols.
Le voyage du maréchal à Burgos est prévu pour samedi. La remise de ses lettres de créance au général Franco aura lieu probablement lundi."
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
Merci ami(e) lecteur (lectrice) de m'avoir suivi dans cet article.
Plus de 7 100 autres articles vous attendent dans mon blog :