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mercredi 2 août 2023

HENDAYE EN LABOURD AU PAYS BASQUE DANS LA GUERRE CIVILE ESPAGNOLE EN SEPTEMBRE 1937 (cinquième et dernière partie)

 

HENDAYE EN SEPTEMBRE 1937.


Pendant la Guerre civile espagnole, Hendaye, ville-frontière, est aux premières loges du conflit.




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PONT INTERNATIONAL HENDAYE 1937
PAYS BASQUE D'ANTAN


Voici ce que rapporta à ce sujet le quotidien La Dépêche, le 25 septembre 1937 :



"L'Instruction de l'Affaire Troncoso est ouverte à Brest.

Les enquêtes se poursuivent à Bordeaux et à Hendaye.

Franco remplace son bras droit.



Le Consul Desmartis. Franco recule...



La mise en état de détention chez lui de M. Desmartis, consul de France à Malaga, a produit dans l'opinion publique européenne un effet contraire à celui qu'en escomptait Franco. Où il espérait des bravos, il n'a reçu que des sifflets. 



L'opinion s'est cabrée et indignée devant le rapprochement fait entre l'arrestation du commandant Troncoso, saisi au collet par la justice française pour crimes de droit commun et celle d'un fonctionnaire à qui rien ne pouvait être reproché.



Comment se tirer d'embarras ? Si Franco décidait de rendre à M. Desmartis sa pleine liberté, son prestige était atteint.



Alors le généralissime de la félonie a trouvé un moyen de reculer sans le paraître, et il a fait adresser à la presse un télégramme ainsi conçu :



Salamanque, 24 septembre. — (Havas) : On déclare ici que les mesures prises contre le consul de France à Malaga ne se rapportent pas à l'arrestation, à Hendaye, du commandant Troncoso, impliqué dans l'affaire du sous-marin de Brest. 


Elles seraient motivées, dit-on, par le fait qu'avant la guerre civile, le consul français entretenait des relations amicales avec des personnalités "rouges ".



Ce communiqué est encore plus bête que méchant. Malaga est prise depuis six mois. On n'inquiète pas M. Desmartis. Et c'est justement au lendemain du jour où Troncoso est mis sous clé qu'on se rabat sur notre consul, qu'on l'inquiète sous prétexte "qu'avant la guerre civile" il avait des relations avec des personnalités républicaines... de la République espagnole.



La machination est si risible que vraiment il ne vaut pas la peine qu'on la discute.



Franco ne sait plus que faire du consul français que son Queipo de Llano a consigné au quartier.


général franco franquiste assassin
GENERAL GONZALO QUEIPO DE LLANO 1939



Ayons la charité de lui donner, dans son désarroi, un conseil utile.



Ce qu'il faut, c'est que le consul Desmartis soit libéré, et immédiatement.



La mise en demeure du Quai d'Orsay ne peut se satisfaire de faux prétextes, ni de mensonges, comme ceux, éclatants, que contient la dépêche de Franco et qui donnent une bien piètre idée de son intelligence. 



Irun attend son nouveau gouverneur militaire.



Pau, 24 septembre. — A Hendaye, on confirme la nouvelle du remplacement du commandant Troncoso au poste de gouverneur d'Irun. Le nouveau chef militaire est attendu incessamment.


On ignore ce matin encore à qui le général Franco a fait appel pour succéder à l'animateur du coup de main de Brest. Quel que soit cet officier, il faut d'ores et déjà lui conseiller de méditer sur la mésaventure survenue à son prédécesseur.



La Garde mobile conserve ses effectifs renforcés.


Jusqu'à nouvel ordre les postes de garde mobile échelonnés le long de la frontière resteront avec leurs effectifs renforcés.


La nuit de jeudi à vendredi a été aussi calme que les précédentes.



L'enquête à Hendaye. Le rôle de Léon Pardo.


Hier jeudi 23 septembre, après les perquisitions connues, ont été interrogés Laurent Pardo, frère de Léon Pardo, réfugié en Espagne et Marguerite Pardo, épouse de Léon Pardo.


Empressons-nous de déclarer que Laurent Pardo est en dehors de toute affaire. Son interrogatoire a été de pure forme. Il était dans l'ignorance totale des agissements de son frère, Léon Pardo.


Marguerite Pardo a été longuement Interrogée. Rien n'a transpiré de ce qui a pu être dit ou recueilli au cours de cette formalité judiciaire.


Léon Pardo, âgé de 42 ans environ, est un sportif bien connu, qui était inscrit au parti social français dont il était devenu un militant actif. Il faisait de la politique depuis peu. Très énergique, enthousiaste, d'un raisonnement assez superficiel, il était sûr qu'il pouvait devenir entre des mains aussi expertes, aussi peu scrupuleuses que celles du trio Troncoso, Ibanez et Orendain, un instrument facile à manier, dont l'inconscience est certaine.



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CHAIX ET TRONCOSO ET ORANDIN
PAYS BASQUE D'ANTAN



C'est le nommé Fernandez qui mit en contact Léon Pardo avec Troncoso et ses agents dès le début des événements d'Espagne.



La situation à Hendaye.


Dans un journal régional il était question, hier jeudi, d'un plan Mancini, qui prévoyait un envahissement possible du pays basque par des nationalistes espagnols et italiens, en coordination avec des éléments nationalistes français ; et ce, à la faveur d'autres terroristes qui auraient impressionné la population.



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GENERAL ROATTA MANCINI

Même méthode qui fut employée en Espagne pour son envahissement par des éléments étrangers.


Notre confrère décrit le plan avec tous ses détails et annonce même la date de sa mise en exécution : 8 octobre. On ne peut nier de certains événements connus et des renseignements recueillis à la bonne source jusqu'ici, la possibilité de ce projet criminel contre notre France.


Ce projet aurait été mûri et développé à Burgos aux approches du 14 juillet 1937. Un témoin oculaire dont les fonctions d'attaché à l'état-major de l'armée rebelle du Nord, fut stupéfait de la netteté technique avec force détails, d'un plan d'envahissement développé par deux généraux italiens présents à ce conseil de guerre.


Tous ces renseignements sont parvenus il y a environ vingt jours et communiqués immédiatement aux autorités qualifiées.


Depuis deux mois le passage clandestin d'armes allemandes et italiennes d'Espagne en France, tout au long de la frontière basque, expliquerait suffisamment la quasi certitude de l'existence d'un complot dirigé contre notre pays.



Découverte d'explosifs à Hendaye.


Hendaye, 24 septembre. 

— Le commissaire spécial d'Hendaye a avisé la sûreté nationale à Paris que, dans un local qui avait été loué par José Gabarin, tué à bord du "C 4", on avait trouvé trois valises contenant des détonateurs, des cordons Bickford et des boîtes de fer blanc contenant, suppose-t-on, des explosifs...


Un employé du laboratoire municipal de M. King quittera Paris demain matin pour Hendaye, pour procéder à l'ouverture de ces boîtes. 



Troncoso est toujours commandant en chef de la frontière du nord de l'Espagne.


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JULIAN TONCROSO SAGREDO


Saint-Jean-de-Luz, 24 septembre. 

— Une haute personnalité nationaliste a déclaré ce soir que les bruits qui ont couru sur la destitution du commandant Troncoso sont fantaisistes. Le généralissime ne prendra une décision que lorsque l'instruction ouverte à Brest aura donné des indications précises.


M. Sangroniz, chef du cabinet diplomatique du général Franco, a eu ce soir un long entretien avec les ambassadeurs de France et de Grande-Bretagne. On n'a pu savoir quel a été le sujet de leur conversation ; mais en sortant, M. Sangroniz semblait très satisfait de son entretien. 



Le général Franco relève de son commandement le commandant Troncoso.



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COMMANDANT TRONCOSO 1937


Bayonne, 24 septembre. 

— Le commandant Troncoso est enlevé de son commandement de chef militaire de la frontière de la Bidassoa et de gouverneur militaire d'Irun. Il sera remplacé à ce poste, à partir de samedi. Le nom de son successeur n'est pas encore connu.


D'autre part, le capitaine Ibanès et le capitaine Linares qui, après avoir été impliqués dans l'affaire de Brest, ont pu regagner l'Espagne, ont reçu l'ordre du général Franco de ne pas quitter leur domicile.



Un mandat d'arrêt est lancé contre le Français Léon Pardo.


Paris, 24 septembre. 

— La sûreté nationale communique qu'un mandat d'arrêt a été délivré par le juge d'instruction de Brest contre Léon Pardo, dont la complicité dans l'agression du sous-marin C. 2 paraît établie. L'inculpé, qui a pu regagner l'Espagne après l'affaire de Brest, se trouverait actuellement à Burgos.


On sait que Léon Pardo, ami intime de l'inculpé Chaix, est le propriétaire de l'une des trois voitures qui servirent à "l'expédition" de Brest."



Résultat de l'Affaire en mars 1938 :


Troncosso, Orendain et Senatz sont condamnés à six mois de prison.


Brest, 22 mars. — Le tribunal correctionnel a rendu, ce matin, son jugement dans l'affaire du sous-marin C.-2.


En raison de l'heure la salle était, à peu près déserte. Le commandant Troncosso, Orandain et Sénatz sont condamnés à six mois de prison pour détention d'armes, et cinq jours. de prison pour port d'armes prohibé.


Ils sont tous les trois acquittés du fait d'importation d'armes. Ainsi que les débats l'avaient laissé prévoir, Robert Chaix est acquitté.


Quant à la douane elle est purement et simplement déboutée de ses prétentions.


Le commandant Troncoso et ses coinculpés, qui ont accompli leur peine en détention préventive, seront libérés vendredi prochain."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)+






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dimanche 2 juillet 2023

HENDAYE EN LABOURD AU PAYS BASQUE DANS LA GUERRE CIVILE ESPAGNOLE EN SEPTEMBRE 1937 (quatrième partie)

 

HENDAYE EN SEPTEMBRE 1937.


Pendant la Guerre civile espagnole, Hendaye, ville-frontière, est aux premières loges du conflit.




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PONT INTERNATIONAL HENDAYE 1937
PAYS BASQUE D'ANTAN


Voici ce que rapporta à ce sujet le quotidien La Dépêche, le 24 septembre 1937 :



"La main dans le sac.

Franco lâchera-t-il Troncoso transféré à Brest ?



Voyez donc combien les, choses s'arrangent facilement, quand on fait preuve d'un peu de poigne !


Après l'acte de fermeté de Nyon, l'Italie arbore aujourd'hui son plus doux sourire envers Yvon Delbos et Eden, qu'elle vitupérait avant-hier...


Après le transfert du commandant Troncoso à Brest, où il vient d'être conduit, non plus vers la rade, théâtre de ses exploits, mais dans une solide prison, Franco se prend à réfléchir, se demande s'il ne convient pas de lâcher son gouverneur, lequel s'est conduit comme un idiot, et de prendre la posture morale d'un homme qui ignore tout de ces affaires-là !


Hier, on allait voir ce que l'on allait voir ; le consul de France à Malaga, M. Desmartis, était gardé à vue par les baïonnettes franquistes, en attendant d'être emprisonné ; des otages étaient désignés, parmi les paisibles commerçants français résidant à Saint-Sébastien, Bilbao, Irun et autres lieux, pour être conduits dans des camps de concentration... Les journaux pro-franquistes français étaient pleins des pronostics de représailles les plus sombres...


Aujourd'hui, changement de décor : les collaborateurs de Franco et même 1es plus immédiats serviteurs de Troncoso abandonnent à son triste sort le promoteur criminel des attentats organisés sur notre territoire. Le consul Desmartis n'est pas encore dégagé de la surveillance exercée sur lui, mais devant la protestation très ferme du Quai d'Orsay, parions que cela ne tardera guère ; la frontière franco-espagnole d'Hendaye se rouvre et le régime normal se rétablit ; les requêtes et les phalangistes qui devaient prendre d'assaut la cité riveraine de la Bidassoa aux destinées de laquelle préside le bon colosse républicain Lannepouquet, demeurent paisibles, sur l'autre rive, roulant d'éternelles cigarettes ; et la nuée d'espions qui infestait Biarritz, Saint-Jean-de-Luz, etc., prend son vol pesant et lourd vers Fontarabie pour s'y mettre à l'abri.


La raison de tout cela?


Elle est bien simple. Franco sent qu'il est écrasé par l'évidence des faits ; qu'il ne peut plus les discuter ; que la seule position qu'il puisse prendre vis-à-vis du monde attentif c'est de feindre l'ignorance des crimes de ses subordonnés...


Car ceux-ci parlent et parleront davantage encore ; Tamborini dit qui l'a payé ; Cantelli dit qui l'a payé ; les hommes de main de Troncoso diront qui les a payés. La caisse franquiste, et aussi la caisse italienne ont alimenté toute cette pègre qui multipliait sur le sol de notre patrie les attentats, sans souci des vies humaines.


Les hommes de Franco sont pincés. Ils sont pris la main dans le sac. Le généralissime de la félonie espagnole va les lâcher !


Cela ne fera que compléter sa figure historique ! 



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JULIAN TONCROSO SAGREDO


L'Affaire Troncoso.

En route, non pour la rade, mais pour la prison de Brest.


Pau. 23 septembre. 

— Ainsi que nous l'avons annoncé dans nos dernières éditions, le commandant Troncoso, objet du mandat d'amener délivré par le parquet de Brest, a bien quitté Bayonne dans la nuit de mercredi. Au cours de l'après-midi, une conférence, à laquelle assistaient notamment le préfet des Basses-Pyrénées, le substitut du procureur de la République et le commandant de gendarmerie, s'était tenue à la sous-préfecture, afin d'arrêter toutes dispositions en vue du départ du commandant Troncoso pour Brest. Il s'agissait, en prévision d'incidents possibles, d'opérer avec le plus de discrétion.


Nous n'avons cependant pas ignoré, grâce à nos renseignements personnels, que le gouverneur militaire d'Irun ne passerait pas une nuit de plus à la villa Chagrin. Afin de dépister les curieux, la police commença par organiser un faux départ. Mais la manœuvre se révéla inutile ; elle passa, en effet, complètement inaperçue. Il n'y avait pas davantage de monde lorsque le commandant Troncoso apparut un peu après minuit sur le quai de la gare en compagnie de gendarmes et d'inspecteurs.


La police, par mesure de précautions, commença par visiter le train dans lequel devait monter le commandant. On y trouva deux personnes dont les papiers n'étaient pas en règle, mais n'ayant rien à voir avec l'affaire.


Troncoso, qui avait serré la main du gardien chef de la prison en le remerciant de sa courtoisie à son égard, eut le même geste envers le commissaire Ceugnard qu'il accusait lundi encore de l'avoir attiré dans un guet-apens. II est, d'ailleurs, curieux de constater que le commandant Troncoso a souvent des attitudes très différentes. C'est ainsi qu'après avoir fait tous ses reproches au policier, il déclara dans le cabinet du juge d'instruction, le lendemain, qu'il ne portait d'estime qu'à un seul homme, le commissaire Ceugnard. Ce dernier, qui avait eu à supporter les accès de colère du chef rebelle, n'en revenait pas.


Le commandant Troncoso est parti pour Brest en bonne compagnie. A ses côtés se trouvaient dans un compartiment de première classe un lieutenant de gendarmerie et deux hommes. Le compartiment voisin était occupé par deux inspecteurs de la sûreté. Le train arrive en gare de Brest ce soir jeudi, à 18 h. 35.



La frontière est calme.


Au cours de sa visite d'inspection des postes frontières, M. Maurice Mathieu, préfet des Basses-Pyrénées, qu'accompagnait le commandant Sartous, s'est rendu compte que ses ordres avaient été scrupuleusement suivis. Il a félicité gendarmes et gardes moblles de leur dévouement. Ces hommes ont passé deux nuits entières sans fermer l'oeil prêts à répondre à toute alerte.


Mais il apparaît aujourd'hui que des bruits qui circulaient concernant l'effervescence à Irun étaient considérablement grossis. La frontière, depuis tout à l'heure, n'est plus fermée et le régime normal a repris.



Franco va-t-il lâcher Troncoso ?

"Le commandant a agi comme un enfant", disent les Espagnols.


Ce matin, le bruit courait, venant d'Espagne, que le commandant Troneoso serait peut-être destitué de ses fonctions militaires d'Irun. "Il a agi comme un enfant, avec une légèreté inconcevable", dirait-on de l'autre côté de la frontière.


Sans doute cette opinion, si elle se précise, marquera-t-elle le souci de laisser au commandant toute la responsabilité de l'affaire. On se demande, dès lors, pourquoi le "raseur de Séville" a fait consigner le consul général de France à Malaga. Ce n'est tout de même pas la faute de notre représentant si le commandant Troncoso a agi comme un enfant. Il n'y avait vraiment pas là matière à représailles. Les enfants on les surveille et on leur défend jouer avec le feu.



Les journaux espagnols nationalistes ignorent l'affaire Troncoso.


 Bayonne, 23 septembre. 

— Les journaux espagnols arrivés à Bayonne continuent d'ignorer complètement l'affaire du sous-marin espagnol de Brest, ainsi que l'arrestation du commandant Troncoso, commandant la place d'Irun.



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SOUS MARIN C2 A BREST SEPTEMBRE 1937


L'épuration continue...


On sait qu'un des hôtes de la ville "la Grande Frégate", centre d'espionnage franquiste, a été expulsé de France. Cinq autres personnages qui y travaillaient et pour lesquels une mesure de refoulement retardée par un délai, avait été ordonné. quittent la Côte Basque aujourd'hui pour être dirigés au nord de la Loire. Des instructions ont été données pour que la ville soit fermée. D'après certains renseignements particuliers, nous croyons savoir que l'activité dont elle fut le théâtre, s'exercerait désormais à Fontarabie, ce qui nous laisse évidemment indifférents. C'est là que la pègre d'espions va se réfugier en territoire espagnol...



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LA GRANDE FREGATE BIARRITZ
PAYS BASQUE D'ANTAN


Bon voyage à ces messieurs !



Nouvelle perquisition à Hendaye.

Hendaye, 23 septembre. 

— On sait qu'une voiture avait été saisie dans un garage de Brest, où elle avait été abandonnée, et qu'elle appartient à un certain Pardo, demeurant à Hendaye, villa "Le Capucé".


Ce matin, le commissaire spécial de cette ville a effectué une perquisition au domicile de Pardo, mais on n'en connaît pas encore les résultats.


Hendaye, 23 septembre. 

— La perquisition effectuée chez M. Léo Pardo s'est terminée vers 17 heures. On a saisi quelques documents qui, versés au dossier de l'affaire, peuvent avoir quelque importance.


On a perquisitionné également chez M. Antonio Martin de Monti, fils de M. le marquis de Linarès. On ne connaît pas le résultat de l'opération.



Pardo et Orendain.


Hendaye, 23 septembre. 

— L'habitant de Hendaye que l'on supposait être à Brest avec la bande Troncoso-Orendain et dont on faisait vérifier l'emploi du temps, s'appelle Léo Pardo. Ce dernier était une sorte de vice-consul officiel de Franco à Hendaye. L'auto abandonnée à Brest avec, à l'intérieur : gabardine. pistolet automatique et permis de conduire au nom de Mme Marguerite Pardo permettait de suivre une piste certaine.



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ORENDAIN
LA DEPÊCHE 22 SEPTEMBRE 1937

De plus. Léo Pardo connaissait très bien Orandain, puisque, lors de la première affaire de bombe trouvée dans la voiture de l'aventurier, Léo Pardo s'entremit auprès du parquet et cautionna Orendain en versant la somme de 2 500 francs, ce qui permit la mise en liberté de celui-ci.


Léo Pardo avait passé la frontière mardi matin, à 10 heures, en auto, en compagnie d'un nommé Fernandez.


Hier mercredi aucun mandat d'arrêt n'était encore parvenu à Hendaye contre lui. Cependant, le passage précipité en auto vers Irun, à 18 heures, de Mme Léo Pardo permettait de supposer que la police était alertée.


Effectivement, ce matin jeudi 23 septembre, un piquet de gardes mobiles entourait l'habitation de Léo Pardo, ce qui faisait prévoir une perquisition au domicile de ce dernier.


A l'heure qu'il est, 15 h. 30, on ignore les résultats de cette opération, les collaborateurs de M. Ceugnard n'ayant pas encore terminé leur mission.



Le calme renaît à Hendaye.



Le calme semble revenu des deux côtés de la frontière. Deux pelotons de gardes mobiles en renfort sont cantonnés à Béhobie. Le trafic des marchandises par les deux ponts frontière, avenue de France et Béhobie a repris normalement.


Afin d'éviter l'encombrement des curieux à l'extrémité des ponts, un barrage est établi à 50 mètres et ne passent que ceux qui ont affaire à la douane ou en Espagne.


Les Français pénétrant en Espagne ne sont pas autorisés à ressortir, sauf quelques privilégiés ou gens de douane.


On remarque que le va-et-vient scandaleux, peut-on dire, à l'avantage évidemment des agents de Troncoso, n'existe plus, et cela rassénère les esprits.


Hier encore mercredi, les journaux nationalistes espagnols se taisaient sur les incidents de l'affaire de Brest et l'arrestation de Troncoso et de ses agents."



A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)



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jeudi 1 juin 2023

HENDAYE EN LABOURD AU PAYS BASQUE DANS LA GUERRE CIVILE ESPAGNOLE EN SEPTEMBRE 1937 (troisième partie)

 

HENDAYE EN SEPTEMBRE 1937.


Pendant la Guerre civile espagnole, Hendaye, ville-frontière, est aux premières loges du conflit.




pays basque autrefois pont frontière labourd
PONT INTERNATIONAL HENDAYE 1937
PAYS BASQUE D'ANTAN


Voici ce que rapporta à ce sujet le quotidien La Dépêche, le 23 septembre 1937 :



"La fureur de Franco.

Dans sa colère, il consigne chez lui notre consul à Malaga.

Mais Troncoso est un bandit et M. Desmartis n'en est pas un.

La bande de Bordeaux part pour Brest.

Ce qu'il advient de Tamborini et de Pasotti.



Il fallait s'attendre, et nous l'avions prévue, à une réaction de Franco, à la suite de l'arrestation de son âme damnée, le commandant Troncoso, qui médite, à l'heure actuelle, dans la prison de Bayonne sur la justice immanente...



Souhaitons pour ce dernier que ses rêves ne soient pas troublés par le spectre des milliers de pauvres paysans. d'ouvriers, de femmes et d'enfants basques que sur ses ordres les phalangistes, dès la conquête d'lrun, de Saint-Sébastien, de Bilbao ont sauvagement abattus sur les terres jadis heureuses du Guipuzcoa.



Donc, le général Franco a mis une garde de police autour du consul de France à Malaga. Qu'a fait M. Desmartis ? Exactement rien. L'arrestation dont il est menacé n'est pas consécutive à un acte quelconque qui lui soit reprochable. On le met sous clé parce que consul et parce que Français. La pensée évidente de Franco est de l'utiliser comme otage. Le ministre des affaires étrangères confirme que le consul de France est gardé à vue.



Et c'est là que gît l'odieux de l'acte de Franco. Si la justice française a mis la main sur son agent Troncoso, c'est parce que celui-ci s'est conduit en bandit et s'en est vanté.



C'est lui, et non un autre, qui est allé dire au commissaire spécial d'Hendaye : "Vous arrêtez mon chauffeur. Vous arrêtez les agresseurs du sous-marin de Brest. C'est moi qui suis responsable ; c'est moi qui ai monté l'affaire ; c'est à moi qu'il faut s'adresser."



La justice française, devant ces déclarations, ne pouvait que se saisir de l'homme ; bonne prise, car on apprend successivement que cet homme, qui avait ses grandes et petites entrées sur notre sol, n'avait cessé depuis huit mois d'y machiner des attentats ; de payer jusqu'à cinquante mille  pesetas à une crapule du nom d'Orendain pour placer ici et là des bombes qui faisaient des victimes ; pour faire sauter des trains et tuer par ses séides des réfugiés espagnols ou de simples français.



En regard de ce lourd passé, dont il faudra qu'il rende compte, qu'a fait M. Desmartis ; rien, exactement rien. Il n'a cessé d'agir en honnête homme et en représentant scrupuleux de son pays, donnant ainsi à Giardini et autres consuls du même acabit une leçon de moralité qu'ils seront, du reste, bien incapables de comprendre.



Si le général Franco s'imagine qu'en menaçant le consul français d'arrestation son acte d'odieux arbitraire fera reculer notre pays, il se trompe. Ce militaire félon avait encore quelques degrés à descendre dans le déshonneur...


Il les dégringole.

Libre à lui.



La justice française, impassible, poursuivra son devoir qui est, ayant saisi une bande de malfaiteurs et d'assassins à la gorge, de leur faire avouer, devant tous, l'étendue de leurs méfaits — et de les punir en conséquence.


histoire sabotage sous-marin républicain franquistes
OCCUPANTS DE L'AUTO DE BELIN SEPTEMBRE 1937
ORANDIN CHAIX SABRUSTEGUY
JOURNAL L'OUEST ECLAIR 23 SEPTEMBRE 1937

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Gibraltar, 22 septembre. — On apprend, de source officielle, que le consul de France à Malaga, M. Pierre Bertrand-Desmartis, a été mis hier en état de détention au consulat français, par les autorités nationalistes, qui lui ont interdit de quitter le consulat.



Les pirates de Franco. Le Commandant Troncoso à la Villa Chagrin.



Nos correspondants d'Hendaye et de Bayonne ont signalé l'incarcération à la "Villa Chagrin" du commandant Troncoso et le luxe de forces déployées à cette occasion.




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JULIAN TONCROSO SAGREDO


C'est que le bruit d'une tentative d'enlèvement préparée par des nationalistes espagnols avait couru. Par conséquent, ces mesures s'expliquent.


Le chef militaire fait toujours preuve d'arrogance. Il prétend, avec de grands airs offensés, avoir été attiré dans un véritable guet-apens. Hier, à Hendaye, il était dans un état de surexcitation tel qu'il parlait de passer par la fenêtre si on continuait à ne pas vouloir lui ouvrir la porte du commissariat. Cette porte s'est d'ailleurs ouverte, mais le commandant Troncoso ne l'a pas franchie libre. On a, en effet, des explications supplémentaires à lui demander et son rôle d'instigateur du coup de main de Brest justifie amplement le mandat d'amener, transformé en mandat d'arrêt, que délivrait lundi soir le parquet de Bayonne.


Dans sa prison, le commandant est bien gardé. Un peloton de gardes mobiles est réparti à l'intérieur et à l'extérieur. On a dû se souvenir en haut lieu de la sensationnelle évasion de Spilers.


Ce matin encore. le procureur de la République n'avait rien reçu de son collègue de Brest. ville où le commandant Troncoso doit être transféré.



Par mesure de représailles, M. Desmartis, Consul de France à Malaga, est consigné par les franquistes.


Et voici que nous parvient la stupéfiante nouvelle, celle que le consul de France à Malaga a été consigné hier soir chez lui, sur l'ordre du général Queipo de Llano, par mesure de représailles à la suite de l'incarcération du commandant Troncoso.



général franquiste assassin
GENERAL QUEIPO DE LLANO 1939



Il est à peine besoin d'ajouter que notre consul n'a jamais préparé aucun coup de main et que cet homme "au rasoir entre les dents" qu'est le grotesque speaker de Séville a agi avec beaucoup de légèreté. Mais ce n'est pas la première fois, certes, qu'il mêle l'odieux au ridicule.


C'est par mesure de représailles que les autorités insurgées ont "mis aux arrêts" M. Desmartis. 

Paris, 22 septembre. 


— On annonce ce soir dans les milieux autorisés que confirmation a été reçue à Paris du fait que M. Desmartis consul de France à Malaga, était consigné dans son consulat par les autorités nationalistes. Il apparaît que la mesure dont M. Desmartis fait l'objet a été prise en guise de représailles à la suite de l'arrestation en France du commandant Troncoso.


Aussi, bien qu'il soit impossible d'établir la moindre comparaison entre les faits auxquels le gouverneur militaire d'Irun paraît être mêlé et l'exercice à Malaga, par M. Desmartis de ses fonctions consulaires, le gouvernement français tiendra-t-il, avant de prendre position sur cette affaire, à connaître la décision que prendra le juge d'instruction de Brest à l'égard du chef franquiste.


On sait, en effet, que pour l'instant seul un mandat d'amener est délivré contre celui-ci et que le parquet de Bayonne n'avait pas qualité pour l'interroger. On considère que si, après son audition, qui ne saurait tarder, par le magistrat compétent, le commandant Troncoso était libéré, la question se résoudrait d'elle-même puisque les autorités nationalistes de Malaga n'auraient plus de raison pour maintenir leur décision à rencontre de M. Desmartis.


Par contre, il faut s'attendre, si l'officier franquiste devait être inculpé dans l'affaire du sous-marin "C-2", à ce que la mesure que frappe le consul de France de Malaga suscite sur le plan diplomatique des difficultés avec les autorités de Salamanque.



A propos du refoulement d'individus suspects.



Par mesure de sécurité le gouvernement, ne pouvant supporter plus longtemps les agissements sur le sol français de franquistes notoires, se prépare à les refouler en Espagne. Ayant appris ce projet, les rebelles espagnols ont fait savoir que si celui-ci était mis à exécution, ils chasseraient de Saint-Sébastien un nombre égal, et peut-être double, de Français.


Les choses en sont là. La frontière, du côté espagnol, reste fermée et, du côté français, Il en est pratiquement de même. M Maurice Mathieu, préfet des Basses-Pyrénées, s'est rendu ce matin à Hendaye.



... A la frontière.

Troncoso est transféré à la prison de Bayonne.


Hendaye, 22 septembre. 

— Troncoso est parti hier soir par le train de 20 h. 10. Il est sorti, à 20 h. 09, du commissariat par une porte dérobée, encadré par six inspecteurs. La garde mobile encadrait le train qu'il devait prendre.


Arrivé dans l'ombre près du train, Troncoso a eu un moment d'hésitation et de révolte. A ce moment-là. les inspecteurs l'ont serré de près et le commissaire spécial l'a pris par le bras et l'a fait monter dans le wagon.


On a fait descendre le commandant Troncoso à la gare de La Négresse pour dépister la foule à l'arrivée à Bayonne.


Le commandant Troncoso, avec quatre inspecteurs, est monté dans une Delage, qui l'a transporté à la prison de Bayonne.


Toute la journée, devant le commissariat, gardé par six gardes mobiles, il y a eu une grande effervescence.


Les postes frontières ont été doublés. Les Espagnols ont fermé la frontière à tous les Français, c'est-à-dire que les Français peuvent entrer en Espagne, mais ne peuvent plus en ressortir.



Bayonne, 22 septembre. 

— Mardi soir, sur instructions venues de Paris. le parquet de Bayonne délivrait un mandat d'amener et le commandant Troncoso était transféré à Bayonne.


En raison de l'heure tardive, l'arrivée de Troncoso au palais de justice, à 21 heures, passa inaperçue.


Les magistrats du parquet, réunis dans le cabinet de M. Déjean de la Batie, procureur de la République, firent subir au commandant Troncoso un premier interrogatoire d'une heure, à la suite duquel le mandat d'amener fut transformé en mandat d'arrêt.


A 22 heures, avec la même escorte importante de gardes mobiles, mousquetons au poing, et de policiers, mais toujours sans attirer l'attention des rares promeneurs, Troncoso, qui ne semblait nullement inquiet et affectait au contraire de sourire d'un air narquois, fut conduit à la villa Chagrin.


Au palais, on parle de l'envoi de commissions rogatoires possibles pour éviter un transfert à Brest ; mais, peut-être, ces bruits sont-ils mis simplement en circulation pour dépister la curiosité du public et éviter des manifestations jusqu'au moment où l'inculpé sera dirigé sur la gare. 


Il n'a été procédé mercredi matin à aucun interrogatoire. Vraisemblablement, le juge d'instruction se transporta à la prison pour éviter au prisonnier la traversée de la ville.


Une garde sévère est faite autour de la prison et toutes les mesures ont été prises afin qu'aucun incident ne puisse se produire. 

—M. Lacouture.


pays basque avant espion franquiste sabotage guerre espagne
COMMANDANT TRONCOSO 1937


Le commandant Troncoso est transféré à Brest.

Bayonne, 23 septembre. 


— Cette nuit, à 0 h. 33. le commandant Troncoso à été transféré à Brest. Le commandant a pris place dans un wagon de première classe, et était escorté de quatre inspecteurs de la sûreté.


L'heure du départ ayant été tenue secrète, aucun curieux ne se trouvait à la gare au moment du départ du train."



A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)





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mercredi 3 mai 2023

HENDAYE EN LABOURD AU PAYS BASQUE DANS LA GUERRE CIVILE ESPAGNOLE EN SEPTEMBRE 1937 (deuxième partie)

 

HENDAYE EN SEPTEMBRE 1937.


Pendant la Guerre civile espagnole, Hendaye, ville-frontière, est aux premières loges du conflit.




pays basque autrefois pont frontière labourd
PONT INTERNATIONAL HENDAYE 1937
PAYS BASQUE D'ANTAN


Voici ce que rapporta à ce sujet le quotidien La Dépêche, le 22 septembre 1937 :



"... Les agents du Commandant.


Hendaye, 21 septembre. 

— A 17 heures, ce soir, le commandant Troncoso était toujours en observation, dans l'attente des décisions de la justice.


Le commandant Troncoso est un officier de carrière. C'est un homme de 40 à 45 ans, trapu, 1 m. 70, visage rond, blond, rit facilement en découvrant une rangée de dents en or. Autoritaire, très actif, emporté, surtout quand les douaniers résistent à ses fantaisies. C'est l'homme de confiance de Franco, en quelque sorte son ambassadeur.



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COMMANDANT TRONCOSO 1937


Ses relations administratives ont permis à ses agents d'avoir, par la haute confiance de leur chef en France, bien des facilités qui permirent l'exécution des opérations aventureuses plus ou moins légales, dont la dernière a abouti à l'incident de Brest.


Troncoso avait un assistant, un nommé Barraïbar, diplomate de carrière, ancien consul en Allemagne et conseiller diplomatique.


Pour les questions militaires, c'est le capitaine Ibanez qui est le délégué. Antonio Martin de Monti est l'agent de liaison entre Irun et Saint-Jean-de-Luz pour le service des renseignements.


Plusieurs fois par jour, cinq automobiles immatriculées M. 47 649, R. 56 303, M. 57 662, M. N. 2 9891 et S. S. 10 266 sont à la disposition de ces messieurs et assurent leur transport entre les deux pays. Le va et vient est constant.


Les attributions du commandant Troncoso sont celles de chef suprême dans la zone de la Bidassoa, de la Navarre et du Guipuscoa.


Le fameux Orendain est l'homme des missions dites de confiance, comme celle de l'enlèvement des chalutiers, la prise du bateau pétrolier à Bordeaux, "Le Campouamor", remis à la Société Campsa. Il toucha pour cette opération 50 000 pesetas.



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ORENDAIN
LA DEPÊCHE 22 SEPTEMBRE 1937


Orendain transporte des bombes et de la dynamite. Bien que surpris, un jour, avec du tabac de contrebande, le sol français ne lui a jamais été Interdit puisqu'il était encore au coup de main de Brest.


A l'incident de Brest sont mêlés le commandant Troncoso, Antonio de Monti, le capitaine Ibanez, un Français dont on va établir l'emploi du temps, agent tout dévoué à Troncoso, habitant Hendaye.


A son retour de Brest, M. de Monti est rentré en Espagne en passant par le pont frontière, à Irun. Le capitaine Ibanez est passé en Espagne par la montagne.


L'arrestation des agents rebelles a produit une vive satisfaction du côté français. La population frontalière, qui avait l'intuition de l'insécurité devant la bienveillance excessive de l'administration, s'est sentie soulagée.


En apprenant la mise en observation du commandant Troncoso, les populations riveraines espagnoles ont réagi dans l'ensemble assez mollement. Il faut s'attendre, par la suite, à l'excitation provenant de gens attachés à Troncoso, des fonctionnaires en particulier, pour fomenter des manifestations s'il doit s'en produire.


Signalons simplement qu'un nommé Motta d'Irun, se trouvant dans la cour de la gare d'Hendaye et apprenant le maintien en arrestation du commandant Troncoso, s'est écrié à la barbe des policiers : "Avec cent cinquante hommes, je me charge de cette bande." Le drôle a été signalé au commissaire spécial. Les Espagnols parlent de fermer la frontière.


Conclusion : Pour ramener le calme et permettre aux esprits de se ressaisir, une seule solution : Fermeture de la frontière pendant un temps déterminé.



L'activité de Troncoso.


Paris, 21 septembre. — M. Moitessier, directeur de la sûreté nationale, dont les services enquêtent actuellement au sujet du coup de main tenté sur un sous-marin dans le port de Brest, a déclaré à un représentant de l'agence Havas :



1937 police surete nationale
PIERRE MOITESSIER 
DIRECTEUR SURETE NATIONALE 1937


"Dès le début de l'enquête, l'attention de nos services fut attirée sur la personne du commandant Troncoso, gouverneur militaire d'Irun. Il ressortirait des précisions fournies aux enquêteurs que le commandant Troncoso aurait pris une part active à une série d'attentats terroristes commis en France. Un témoin dont on ne veut pas dévoiler l'identité aurait fait connaître qu'il avait été en rapport avec le Commandant Troncoso et un de ses adjoints, le capitaine Ibanez. Ce dernier, aux dires du témoin, aurait demandé a celui-ci de se rendre en France pour y commettre des attentats et lui aurait parlé notamment de l'Exposition 1937, de l'ambassade d'Espagne à Paris et de la Bourse du Travail de Marseille, où, disait-il, se faisait le recrutement de volontaires de l'armée républicaine.


Ce témoin aurait été alors informé que le capitaine Ibanez se chargeait d'introduire les bombes en France à l'aide d'automobiles à carrosseries truquées qui franchiraient la frontière à Hendaye pour y déposer les explosifs dans des localités des Basses-Pyrénées.


On a appris d'autre part que la sûreté nationale a arrêté à Paris un Espagnol du nom de Nicolas Gabarin, frère de celui qui a été tué lors du coup de main de Brest.


A la suite de cette arrestation, la sureté nationale s recueilli les déclarations d'un témoin dont l'identité est tenue secrète. Ce témoin aurait affirmé qu'au cours d'un entretien, il avait appris que Gabarin, accompagné d'un nommé Ramon et de deux de ses amis, avait, le 7 mars 1937, sur l'ordre de Troncoso, déposé une bombe dans le train de Cerbère. Le témoin a ajouté que Gabarin avait tenté de faire sauter le consulat d'Espagne à Bayonne et qu'il avait déposé également un engin explosif sur un bâtiment alors à Bayonne. Le témoin a précisé au surplus qu'en avril 1937, Gabarin avait eu à Biarritz une entrevue avec Ramon et Troncoso. Ce dernier circulait dans une voiture américaine de marque très répandue qui lui appartenait.


Ce groupe se transporta alors à Saint-Jean-de-Luz. Ramon était porteur d'un chargement de bombes. Le témoin ajouta encore que Gabarin et Ramon devaient se rendre à Toulouse, afin de détruire des avions que l'on supposait destinés aux républicains. Cette expérience échoua, Troncoso n'ayant pas laissé suffisamment d'argent à ses subordonnés pour mener à bien leur mission.


A la fin de juin dernier, une entrevue eut lieu à Biarritz, entre les frères Nicolas et José Gabarin. José, qui était de retour de Marseille, déclara qu'il avait été chargé de placer une bombe dans des marchandises destinées à Barcelone. H ajouta qu'il avait été accompagné dans son voyage par le capitaine Ibanez.



Le Commandant Troncoso fait l'objet d'un mandat d'amener.


Pau, 21 septembre. — Nous apprenons à 18 heures que M. le procureur de la République de Bayonne vient de délivrer un mandat d'amener contre le commandant Troncoso. Le chef militaire espagnol va être transporté à Bayonne, où auront lieu les prochains interrogatoires.


Bayonne, 21 septembre. — Aux dernières nouvelles, on apprend que le mandat d'amener lancé par le parquet de Brest contre le commandant Troncoso a été transformé ce soir, par le procureur de la République de Bayonne en mandat d'arrêt. On croit savoir que le commandant Troncoso sera transféré incessamment à Brest.



Le Commandant Troncoso transféré à Bayonne


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COMMANDANT TRONCOSO 1937


Bayonne, 21 septembre. — Le commandant Troncoso, accompagné du commissaire spécial de la gare d'Hendaye, d'inspecteurs de la sûreté nationale et d'un officier de la garde mobile, a quitté Hendaye par le train omnibus de 20 h. 10.


A La Négresse-Biarritz, le commandant Troncoso et son escorte ont quitté le train pour prendre des autos qui les attendaient à la gare et ont gagné Bayonne par le route.


Arrivés au palais de justice à 21 heures, ils ont été immédiatement introduits auprès de M. Déjean de la Batie, procureur de la République, de MM. Fenié et Boutemaille, substituts, et de M. Favre, juge d'instruction.


Sortis du cabinet du procureur à 21 h. 55, ils ont regagné les voitures ; celles-ci précédées et suivies de camions de gardes mobiles, se sont rendues à la maison d'arrêt de Bayonne. A 22 heures, le commandant Troncoso qui venait de pénétrer souriant dans la prison, était écroué.


Le parquet s'est refusé à faire la moindre déclaration. Aucun incident n'est à signaler.



Le Commandant Troncoso incarcéré.


Hendaye, 21 septembre. - Après toute une journée d'interrogatoire au commissariat spécial de Hendaye par M. Ceugniard, dont on s'était empressé d'annoncer la révocation, le commandant Troncoso, commandant la place d'Irun, impliqué dans l'affaire du sous-marin de Brest, vient de prendre, sous bonne escorte, le train pour Bayonne, où il sera incarcéré à la villa Chagrin.



Le Commissaire Ceugniard n'est pas révoqué.


Paris, 21 septembre. - Au ministère de l'intérieur on dément le bruit de la révocation du commissaire spécial de la gare d'Hendaye, M. Ceugniard, sous le prétexte relevé par certains journaux qu'il aurait relâché le commandant Troncoso.


Cette information lancée par radio avait, du reste, causé une certaine émotion, car le commissaire spécial Ceugniard est considéré comme un fonctionnaire parfaitement loyal et attaché à ses devoirs.



Les postes frontières d'Hendaye sont renforcés.


La nouvelle de l'interrogatoire du commandant Troncoso à Hendaye a causé lundi soir à Irun une effervescence dont les autorités françaises ont été vite averties. On ne parlait rien moins que d'une manifestation à la frontière pour réclamer la mise en liberté immédiate du chef militaire.


Mis au courant de ces faits, M. Maurice Mathieu, préfet des Basses-Pyrénées, a fait immédiatement renforcer les postes de gardes mobiles. On dit qu'entre-temps le commandant Troncoso aurait invité au calme ses compatriotes par l'intermédiaire de sa femme. Toujours est-il qu'aucun incident ne s'est produit.


Le commandant de gendarmerie Sarthous, rentrant de congé, s'est rendu cet après-midi à Hendaye.



L'enquête à Bordeaux.


Bordeaux, 21 septembre. — Où en est l'enquête sur l'acte de piraterie tenté sur le sous-marin "C-2" ? Bien des faits, certes, restent obscurs. Essayons pourtant de faire une mise au point avec les brèves indications recueillies à cette heure à Bordeaux.


Sur une douzaine d'agresseurs, trois étaient hier aux mains de la police mobile, ainsi que les deux officiers du "C-2" et le commandant du "C-4", hier soir venait les rejoindre le fils du fabricant de sandales bordelais Sainz, cependant qu'à Hendaye on arrêtait le chauffeur du commandant Troncoso, dénommé Parella, contre lequel avait été lancé dimanche soir un mandat de recherche et que d'autres arrestations étaient signalées à Saint-Brieuc.


L'ignorance où nous sommes tenus des réponses faites par les fugitifs à la police mobile, qui reste bouche close, limite le champ des considérations, mais deux points dominent cette affaire : la personnalité de l'industriel Orendain, que mettront au clair les renseignements généraux centralisés par le parquet de la Seine, et l'attitude de Ferrando, commandant du "C-2".



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SOUS MARIN C2 REPUBLICAIN 1937

Celui-ci, avec qui nous avions passé trois heures durant la nuit de dimanche, était préoccupé — on le serait à moins — et déclarait qu'il s'agissait d'une chose grave.


Grave, la chose l'est à coup sûr pour le jeune enseigne de vaisseau qui avait à défendre le navire et que l'on retrouve dans l'automobile des agresseurs et déjeunant avec eux a Beliet. On peut invoquer sa camaraderie avec le lieutenant de vaisseau de las Heras. commandant du "C-4", actuellement impliqué dans cette affaire. On y a ajouté son désir de revoir les siens, actuellement en territoire nationaliste. De là, la fuite volontaire — il faut le souligner — avec les agresseurs.


Ce sont là, certes, des raisons humaines, mais suffisent-elles à un officier pour déserter son poste avec l'ennemi ?


Les enquêteurs, qui promettent d'ouvrir leur dossier, connaissent sans doute à cette heure les circonstances de l'agression de Brest d'après Ferrando qui en résolvait le récit aux magistrats.


Ce matin on n'était pas plus avancé que dimanche en ce qui concerne le rôle joué par lui et par l'officier mécanicien Dabouza.



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SOUS MARIN C2 A BREST SEPTEMBRE 1937


Quatre mandats d'arrêt arrivent à Bordeaux.


Hier, dans la soirée, quatre mandats d'arrêt télégraphiques du parquet de Brest concernant Chaix, Orendain, Satrusteguy et de las Heras arrivaient au parquet de Bordeaux. Les mandats manuscrits sont attendus aujourd'hui au courrier de midi. Jusqu'à présent, Ferrando, commandant du "C-2", et Dabouza, mécanicien, sont donc considérés comme simples témoins. Il faut attendre à leur sujet les progrès de l'enquête faite à Brest sur leur attitude exacte au moment de l'agression, le juge d'instruction devant, au moment opportun, décider ce qu'il y aura lieu de faire à leur sujet.


D'ailleurs, on a lu la déclaration du consul d'Espagne à Nantes qui se porterait garant de la loyauté du commandant du "C-2" et du commandant du "C-4".


Quoi qu'il en soit, les quatre inculpés actuels, qui ont passé la nuit au secret dans la prison municipale, seront amenés dans la journée au parquet où ils seront entendus par M. Pastour, substitut du procureur de la République, qui procédera à leur interrogatoire d'identité et leur notifiera les mandats d'arrêt. Après quoi, ils seront dirigés sur Brest."



A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)






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