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lundi 3 octobre 2022

À PROPOS DE LA LANGUE BASQUE EN 1904

À PROPOS DE LA LANGUE BASQUE EN 1904.


Le Basque (euskara) est  la langue d'Europe occidentale la plus ancienne in situ.

Elle était appelée aquitain, dans l'Antiquité et Lingua Navarrorum (langue des Navarrais).  



pays basque autrefois dessin diable homualk bidarray
LE DIABLE ET LA LANGUE BASQUE A BIDARRAY
DESSIN D'HOMUALK




Voici ce que rapporta à ce sujet le quotidien La Petite Gironde, le 22 juillet 1904, sous la plume de 

C. Béguin :



"A propos de la langue basque.



Les journaux se sont occupés récemment d’un polyglotte extraordinaire, professeur dans un petit collège d'Italie, M. Trombetti, auquel l’Académie romaine des Lincei a décerné un prix de 10 000 fr., et que le roi Victor-Emmanuel III, en récompense de ses mérites, s’empressa de pourvoir d’une chaire à l'Université de Bologne. M. Trombetti, dit-on, parle la plupart des langues du monde. Mais parle-t-il le basque ? Un de nos confrères parisiens, qui s’est posé la question, penche pour la négative. A ce propos, il a cité le cas d’un compatriote du professeur, le cardinal Mezzofanti, qui, lui, parlait soixante-dix langues, chiffre déjà respectable, et au sujet duquel il raconte une anecdote que je crois intéressant de rapporter ici. 



italie professeur langues 19ème siècle
PROFESSEUR ALFREDO TROMBETTI


cardinal italien linguiste 19ème siècle
CARDINAL GIUSEPPE MEZZOFANTI



Un jour, M. Antoine d’Abbadie, qui fut membre de l'institut, et dont le souvenir est demeuré si populaire dans tout le pays basque, étant de passage à Rome, s’en fut voir le cardinal et lui demanda s’il savait le basque



pays basque autrefois d'abbadie explorateur éthiopie traditions
ANTOINE D ABBADIE
PAYS BASQUE D'ANTAN

— N’est-ce pas un patois ? demanda le cardinal. 



M. d’Abbadie lui expliqua que c'était la langue la plus ancienne et la plus mystérieuse du monde, sans parenté avec aucune autre. Et il se mit à lui parler basque. Le cardinal n’y comprit rien. 


— Donnez-moi une grammaire et un dictionnaire et revenez me voir dans quinze jours. 



Quinze jours plus tard, le cardinal recevait M. d’Abbadie en lui adressant la parole en basque, il avait appris à grand peine quelques phrases. 


— Eh bien ! Eminence, avez-vous trouvé une parenté à cette langue ? 

— Aucune. C'est un bolide ! 



Le cardinal avait prononcé le mot juste. La langue basque est bien, en effet, un bolide, une chose pas vue, qui ne ressemble à rien de connu, et qu’il faut renoncer a déchiffrer à l'aide des racines empruntées à d’autres langues. J'ajoute qu’elle appartient à un type dont il ne subsiste plus en Europe que quelques rarissimes variétés, deux ou trois tout au plus, parait-il, dans le Caucase et les régions hyperboréennes ; c’est le type des langues agglutinantes, c’est-à-dire ou plusieurs radicaux sont réunis, agglutinés, pour former un mot, un seul radical conservant son indépendance. On sait que toutes les langues de l'Occident, au contraire, sont du type à flexion, type dont la caractéristique réside dans la fusion entre eux des radicaux, dont aucun ne conserve son indépendance, taudis que dans les langues monosyllabiques (le chinois, par exemple), chaque mot est un monosyllabe représentant un radical, et qui reste indépendant. Les linguistes prétendent du reste que les langues du type le plus récent, qui est le type à flexion, sont passées successivement par chacune des deux phases précédentes, en commençant par la monosyllabique. 



Ces explications données, je voudrais examiner quelques reproches qui m’ont été adressés à l'occasion d’appréciations sur la langue euskarienne émises incidemment dans des articles parus ici-même, où j’exposais les revendications du nationalisme séparatiste et clérical dans les provinces basques espagnoles et, notamment, sa prétention de substituer un jour le basque à l’espagnol comme langue officielle de la Confédération indépendante que ce parti rêve de constituer. Le sentiment auquel ont obéi les basquisants qui m’ont fait l’honneur de m’écrire est, certes, très respectable ; mais je les soupçonne d’avoir, en la circonstance, imparfaitement saisi ma pensée, et je crains d'autre part, que leur attachement à la langue natale ne les induise en une partialité peu propice pour apprécier les imperfections et les insuffisances très compréhensibles qu'elle offre, et malgré lesquelles elle n’en reste pas moins un monument d’un intérêt scientifique indiscutable. 



En premier lieu, après avoir signalé, en le déplorant, un fait sur lequel sont d’accord tous ceux qui se sont occupés de la question, à savoir le recul du basque, j’en avais essayé une explication. Il est permis de se demander, disais-je, si ce phénomène de la disparition progressive du basque ne tient pas à des causes plus profondes (que l’action de la vie moderne) et, en quelque sorte, inhérentes à la langue elle-même. La raison n’en serait-elle pas que celui-ci est une langue d'un type exotique aussi riche en inflexions désignant les choses réelles et concrètes quelle est pauvre en termes servant à ex primer l’abstrait ? J’avoue qu’à la réflexion, cette explication ne me parait pas juste, et j'incline plutôt à croire que le recul du basque est dû à ce qu'il est d'un emploi assez limité. Un paysan gascon, en supposant qu’il ne sache que son patois, pourra se faire comprendre dans tout le Midi, tandis qu’un fermier basque, s’il veut vendre ses produits dans une foire du Béarn ou des Landes, devra nécessairement renoncer à se servir de sa langue usuelle. 



Mais ce n’est pas cela qui a alarmé mes correspondants. Le vocabulaire basque, m’a-t-on dit, possède des termes pour exprimer les abstractions. Examinons la valeur de cet argument. L’abstraction consiste bien, je suppose, à séparer par la pensée une qualité de toutes les autres qualités et circonstances auxquelles elle est associée dans la réalité des faits. Or, on a très souvent fait observer qu’il n’existe pas de mot simple purement basque ayant le sens que nous attribuons en français au mot animal, par exemple, ou au mot arbre ; par contre, chaque espèce d’animal ou chaque essence d’arbre à son nom. On ne peut pas dire sœur, mais on distingue la sœur d’un homme de celle d’une femme ; on ne peut pas dire fruit, mais il existe des mots pour désigner les différents fruits. Les Basques n’ont aucune expression pour âme, pour roi, pour loi, pour monde, etc. Dieu est simplement pour eux le Seigneur d’en haut. Le rédacteur d’un journal local, voulant me démontrer que j’étais dans l’erreur, a énuméré des mots basques exprimant le pouvoir, la vérité, le besoin, oublier, etc., sans se rendre compte que ces mots ne produisent pas des idées abstraites, mais des états de conscience provoqués par les êtres ou les objets extérieurs qui font impression sur nos sens. Certains linguistes ont soutenu que cette absence de mots exprimant les concepts abstraits était l’indice d’un état de civilisation peu avancé. Sans doute ! Mais il ne faut pas oublier que le basque remonte à une antiquité très reculée, à l’âge de pierre, dit-on, et il est permis de se demander où était alors la civilisation. Rien ne prouve, du reste, que si la langue basque avait poursuivi son développement sans subir des influences étrangères, les mots dont nous constatons l’absence ne sc seraient pas formés. 



Par contre, un fait remarquable est l'abondance et la richesse des synonymes dans la langue basque, abondance qui faisait dire avec beaucoup de raison au prince Lucien Bonaparte que "si le basque est pauvre dans un cas, il est six fois riche dans un autre".



Mes correspondants se sont aussi alarmés de voir que j'avais qualifié le basque d'idiome "rural" et de "langue inférieure". Est-il nécessaire de dire que ces termes n’avaient, dans ma pensée, en aucune façon un sens désobligeant. Le basque me parait être un idiome rural parce que les classes cultivées ne s’en servent pas dans leurs rapports entre elles et que son usage est surtout répandu dans la classe rurale. Quant à son infériorité, elle existe à mes yeux par comparaison avec des langues comme le français et l’espagnol, qui ont été assouplies et enrichies par des siècles de littérature. Cette infériorité, que je sache, n’a rien de déshonorant. Certes, on a écrit en basque et ou continue à y écrire ; il existe, en effet, des journaux rédigés en cette langue, et on cite même des érudits qui l’ont employée pour disserter sur des questions de linguistique. Mais ces productions n’ont pas été suffisantes pour unifier l’idiome euskarien divisé, on le sait, en plusieurs dialectes, ni pour imposer des règles orthographiques communes. 



saint jean de luz 1897 fêtes tradition pays basque
FÊTES TRADITION BASQUE ST JEAN DE LUZ 1897
PAYS BASQUE D'ANTAN


Les imperfections très naturelles et très compréhensibles que j’ai signalées et que d'autres avaient signalées bien avant moi n’empêchent pas le basque d'être une langue pourvue de mérites propres et d’une très grande originalité. J’ajouterai, en terminant, que les Basques ont non seulement le droit, mais le devoir d’en maintenir l’usage parmi eux, car elle constitue un patrimoine dont ils sont responsables envers les générations à venir. Au surplus, comme le disait un orateur aux fêtes de la tradition basque à Saint-Jean-de-Luz, en 1896, la disparition d’une langue n’est-elle pas toujours une diminution de l’humanité ?"



(Source : Wikipédia et Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)





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dimanche 2 octobre 2022

PROVERBE BASQUE DU JOUR ET FÊTE DU 2 OCTOBRE 2022 SAINT LÉGER - NAGORE

 


PROVERBE DU 2 OCTOBRE 2022 (SAINT LÉGER) (RUTH) (BIANCA) (NAGORE).


LÉGER : Evêque d'Autun en 663, Léger (ou Léodegard) était aimé du peuple.



religion catholique saint sainte léger
2 OCTOBRE SAINT LEGER D'AUTUN

Léger conduisit une révolte contre Ebroïn, le maire du palais du royaume de Neustrie.

Vaincu, Léger fut supplicié et il mourut en Picardie vers 677/678.

Son bourreau ayant été à son tour assassiné, Léger fut plus tard réhabilité et reconnu comme martyr.

Un concile d'évêques proclama sa sainteté en 681 et l'Eglise catholique romaine célèbre sa fête le 2 octobre.



religion catholique saint sainte léger
2 OCTOBRE SAINT LEGER D'AUTUN

Voici ce que rapporta à son sujet La Gazette de France, le 19 avril 1987 :


Samedi 24 avril Saint Léger (VIe siècle). 

Le Perthois était une petite province fondue aujourd’hui dans les départements de la Marne et de la Haute Marne ; sa petite capitale s'appelait Perthes. Dans les invasions qui troublèrent les Gaules au Xe siècle. Perthes fat tellement ruinée, qu’il n’en reste qu’un village. Au sixième siècle, l’évêque de Châlons, Leudomère, confia au saint prêtre Léger le gouvernement alors important de l'Eglise de Perthes. Il remplit ces fonctions avec un zèle admirable. Recommandable par sa foi, sa piété, son humilité, il gagna les cœurs de tous les habitants. On rapporte qu’il délivra un possédé en faisant le signe de la croix. Il rendit aussi l’usage de ses membres à un homme entièrement perclus. Il mourut dans un âge avancé à la fin du sixième siècle et fut enterré dans son église, qui devint pour la contrée un lieu de pèlerinage. 




NAGORE : Artzeko ibarra Andre Mari Nafarroan, urriko lehen igandea ospatzen da.

Artzibarko (Nafarroa) herria eta Andre Mariaren adbokazioa. Irudia XIV. mendekoa da.



pais vasco antes religion procesion navarra
ARMOIRIE D'ARCE - ARTZIBAR NAVARRE





Une naissance du du 2 octobre : Ferdinand Foch.




militaire france premiere guerre mondiale marechal
MARECHAL FERDINAND FOCH


Né le 2 octobre 1851 à Tarbes (Hautes-Pyrénées) - Mort le 20 mars 1929 à Paris.

C'est un général et académicien français, maréchal de France, de Grande-Bretagne et de Pologne.

Il naît dans une famille bourgeoise catholique de Tarbes et il est le sixième de sept enfants.

Son père étant percepteur, il change plusieurs fois de ville : Tarbes, Rodez, Lyon, Saint-Etienne et Metz.

En 1871, il intègre l'Ecole polytechnique, puis choisit l'armée, dans l'artillerie, en 1873. Il est capitaine en 1878.

En 1883, il épouse Julie Bienvenüe, avec qui il aura 4 enfants.

Il continue son ascension dans l'armée, jusqu'à être colonel en 1903, général de division en 1911, puis en 1913 commandant de corps d'armée.

Pendant la Première Guerre mondiale, il tombe en disgrâce, à cause d'échecs sanglants (Artois et Somme), en décembre 1916.

Le 26 mars 1918, il est nommé commandant en chef des forces alliées sur le front de l'Ouest.

Le 7 août 1918, il est élevé à la dignité de maréchal de France.

Le 11 novembre 1918, il participe à la signature de l'armistice dans la forêt de Rethondes, dans l'Oise.



militaire france premiere guerre mondiale rethondes
MARECHAL FOCH A RETHONDES NOVEMBRE 1918


Le 21 novembre 1918 (10 jours plus tard), il est élu à l'Académie française, au fauteuil N° 18.

Il décède le 20 mars 1929, à 77 ans, et des obsèques nationales lui sont rendues le 26 mars 1929.



militaire france premiere guerre mondiale
OBSEQUES DU MARECHAL FOCH




Voici le proverbe du dimanche 2 octobre 2022 :


URRIA, USOEN GALGARRIA.

Octobre, fatal aux palombes.


pays basque autrefois chasse palombes
PARTAGE DES PALOMBES SARE
PAYS BASQUE D'ANTAN



(Source : https://www.herodote.net/ et WIKIPEDIA et https://www.euskaltzaindia.eus/)





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FAITS DIVERS À BAYONNE EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN 1947

  

FAITS DIVERS À BAYONNE EN 1947.


Dans ma rubrique "faits divers à Bayonne", après les années 190019011902190319041905190619071908,  

19091910191119121913191419151916191719181919, 19201921192219231924192519261927192819291930193119321933193419351936193719381939194019411942194319441945, et 1946, voici l'année 1947.

samedi 1 octobre 2022

PROVERBE BASQUE DU JOUR ET FÊTE DU 1ER OCTOBRE 2022 SAINTE THÉRÈSE - ZUNBELTZ


PROVERBE DU 1ER OCTOBRE 2022 (SAINTE THÉRÈSE DE LISIEUX) (ARIELLE) (ZUNBELTZ).


THÉRÈSE DE LISIEUX : Marie-Françoise Thérèse Martin, naît à Alençon, dans l'Orne, le 2 janvier 1873.




religion catholique saint sainte thérèse
1ER OCTOBRE SAINTE THERESE DE LISIEUX


Thérèse perd sa mère à quatre ans et demi et est, dès lors, élevée par ses soeurs aînées Marie et Pauline qui, tour à tour, entrent au Carmel de Lisieux.

A 15 ans, Thérèse entre, elle aussi,  au Carmel de Lisieux en 1889 et prend le nom de Thérèse de l'Enfant-Jésus.



religion catholique saint sainte
1ER OCTOBRE SAINTE THERESE DE LISIEUX

Thérèse y meurt 8 ans plus tard de tuberculose, le 30 septembre 1897.

Sa courte vie et son témoignage écrit (Histoire d'une âme), publié après sa mort et diffusé à plus de cinq cents millions d'exemplaires,  révèlent une forte personnalité consumée par l'amour et la joie.

Thérèse est béatifiée, puis canonisée dès 1925 par le pape Pie XI, qui la considère comme l'"étoile de son pontificat". Elle est "Patronne Secondaire de la France", avec Jeanne d'Arc.



religion catholique saint sainte therese
CANONISATION LISIEUX 1925 DE SAINTE THERESE

Sainte patronne de la France ainsi que des Missions, Thérèse est proclamée en 1997 Docteur de l'Eglise par le pape Jean-Paul II, pour le centenaire de sa mort.

La basilique de Lisieux, édifiée en son honneur, reçoit plus de 600 000 visiteurs, Lisieux étant le second lieu de pèlerinage en France, après Lourdes.



religion catholique saint sainte therese
1ER OCTOBRE SAINTE THERESE DE LISIEUX



ZUNBELTZ : Euskal Literaturatik. Erdaraz "osier noir". Zume beltz, zuria eta gorria dira zume motak ezagunenak.

Nafarroako benta baten izena da. Hemen bereizten dira Urbasa eta Andimendia.



Une naissance du 1er octobre : Dominikos Theotokopoulos, dit Le Greco.



peintre grec tolède
PEINTRE LE GRECO


Né le 1er octobre 1541 à Candie (Crète, alors en possession de la république de Venise) - Mort le 7 avril 1614 à Tolède (Castille - La Manche, Espagne).

C'est un peintre, sculpteur et architecte espagnol d'origine grecque.

Le Greco est considéré comme le peintre fondateur de l'Ecole espagnole du 16ème siècle.

Il a été célébré de son vivant mais oublié, par la suite, pendant plus d'un siècle.

Il est reçu maître-peintre, en 1566, en Crète.

Le Greco séjourne à Venise, en Italie, de 1568 à 1570, où il est identifié comme "disciple" du Titien.

Après un voyage à Parme, où il voit l'oeuvre du Corrège et du Parmesan, il arrive à Rome où il se met au service du cardinal Alexandre Farnèse en 1570, jusqu'en 1572.

En septembre 1572, il est inscrit à l'Académie de San Luca comme peintre de miniatures.

En 1576, il part en Espagne, à Madrid, puis à Tolède, en 1585.

En 1578, son fils Jorge Manuel naît à Tolède.

Le roi Philippe II d'Espagne lui commande, en 1579, un tableau, Le Martyre de saint Maurice, tableau qui ne plaît ni au roi, ni à la Cour, ni à l'Inquisition.

A partir de 1586, à Tolède, Le Greco connait le succès, avec diverses commandes religieuses et privées.

A partir de 1606, à cause de nombreux procès il ruiné et malade.

Il meurt le 7 avril 1604, à 72 ans.


peintre grec tolède
PEINTRE LE GRECO



Voici le proverbe du samedi 1er octobre 2022 :


NAUSI ERHOA BAINO GOGORRA HOBE.

Mieux vaut un patron sévère que fou.



patron canot sauvetage manche
PATRON CANOT SAUVETAGE EDOUARD BOISSARD
50 BARFLEUR




(Source : https://www.herodote.net/ et WIKIPEDIA et https://www.euskaltzaindia.eus/)





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L'AFFAIRE DES AVORTEMENTS DE BIARRITZ EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN 1911 (quatrième partie)

  

L'AFFAIRE DES AVORTEMENTS DE BIARRITZ EN 1911.


Avant le 17 janvier 1975 et depuis 1810, l'avortement en France était criminalisé et défini selon les époques de délit ou de crime. Sous le régime de Vichy, en 1942, l'avortement était considéré comme un crime contre l'Etat français et passible de la peine de mort.




pays basque autrefois gare labourd
GARE DU MIDI BIARRITZ 1911
PAYS BASQUE D'ANTAN



Voici ce que rapporta à ce sujet le journal Le Petit Parisien, le 29 mai 1911 :



"Les avortements de Biarritz. 


Le défilé des témoins. 

Pau. 28 mai.



Bien que ce soit aujourd'hui dimanche, la cour d'assises siège. M. le conseiller Correch qui dirige les débats avec la plus haute impartialité, a, en effet, hâte d'en finir. Nombreux en effet sont les témoins à entendre, car la défense en a fait citer beaucoup.



Le président reprend, à l'ouverture des débats, l'audition des témoins. Ceux appelés à déposer sur le fait Mercedes Jimenes, dite "Pepita Pilar", sont entendus. On sait que cette jeune femme, qui avorta de deux jumeaux, n'a pas été retrouvée, en dépit de recherches faites par la police.



Mlle Plassaud, que nous avons déjà entendue plusieurs fois et qui parait avoir été une des chevilles ouvrières de l'information, affirme avoir reçu l'aveu de la faute de Mlle Pepita Pilar. Celle-ci lui aurait déclaré qu'elle avait eu recours aux soins du docteur Long-Savigny. Elle aurait même ajoute qu'elle avait été très satisfaite. Le docteur Long-Savigny proteste avec énergie contre cette déposition.




pays basque autrefois eglise labourd
EGLISE ST CHARLES BIARRITZ 1911
PAYS BASQUE D'ANTAN


Nous abordons maintenant le fait Gabrielle Rabauze, femme Poyet. Cette jeune personne aurait, en alors qu'elle était enceinte, reçu la visite, certain soir, vers cinq heures, du docteur Long-Savigny, qui serait demeuré une demi-heure environ auprès d'elle. Le lendemain une de ses voisines, Mme Pascual, qui avait remarqué sa grossesse, s'étonna de sa pâleur et la questionna à ce sujet. La jeune femme aurait alors avoué qu'elle s'était fait avorter, mais sans dire par qui l'opération fut faite. 



Mme Poyet protesta, disant qu'elle n'a jamais fait de confidence au témoin. 



A la demande d'un des avocats, Mme Pascual déclare qu'elle n'a pas été menacée d'une arrestation par le commissaire de police mais elle a rencontré au palais de justice de Bayonne plusieurs personnes qui lui auraient conseillé vivement de dire la vérité sous peine de se voir inquiétée.


 

L'avocat général : Etait-ce une des personnes qui avaient eu mission légale de vous interroger ? 

Le témoin : Non.

L'avocat général : C'est tout ce qu'il me faut. 



pays basque autrefois bains plage labourd
BAINS PORT-VIEUX BIARRITZ 1911
PAYS BASQUE D'ANTAN


La déposition actuelle de Mme Pascual est moins précise, car, à l'instruction, elle avait formellement reconnu M Long-Savigny pour être le médecin venu en 1903 au chevet de la femme Poyet.



Sur le fait Meynard, la cour entend Mme Miramon, la mère de Mme Meynard, qui, nous l'avons dit, succomba aux manœuvres abortives dont elle avait été l'objet et au sujet desquelles le mari est poursuivi comme complice.



Ce témoin déclare que sa fille, au chevet de laquelle elle était accourue dès le début de sa maladie, lui avait dit s'être fait avorter par le docteur Long-Savigny mais elle ne saurait précise si ce fut chez elle ou chez le docteur que l'opération eut lieu. Elle ajoute que c'était Meynard qui avait conseillé à sa femme de se faire avorter. 



Une vive discussion s'engage alors entre ta défense et l'organe du ministère public. 



Me Ardisson s'étonne de ce fait, Mme Miramon, entendue d'abord à Montauban, où elle habite, n'avait pas, dans sa déposition, prononcé le nom du docteur Long-Savigny ce fut seulement à Bayonne qu'elle tint un nouveau langage, et il observe qu'à ce nouveau questionnaire, le procureur de la République était ce qui est, déclare-t-il, contraire à la loi.



Tel n'est pas l'avis de M. Sens-Olive, avocat général, qui pense que le procureur de la République a usé de son droit absolu. 



La défense tend à insinuer par cette intervention que l'instruction n'aurait pas été dirigée en toute impartialité.



Des témoins, ajoute Me Ardisson, sont revenus complètement sur leurs premières dépositions. M. Correch clôt l'incident en disant que ce que les jurés doivent retenir c'est ce qui se dit à l'audience.



La déposition de Mlle Labegueyrie nous révèle un détail assez amusant. On a vu que son homonyme, la femme Labegueyrie, qui figure parmi les accusées, avait déclaré que si elle s'était fait avorter, c'était parce qu'elle craignait d'avoir des enfants difformes ou malades. Or, la sage-femme nous apprend que l'un des bébés de la femme Labegueyrie a obtenu un prix de beauté. 


pays basque autrefois plage labourd
PLAGE BIARRITZ 1911
PAYS BASQUE D'ANTAN



Entre experts.



Le docteur expert Garat, déjà entendu dans trois autres affaires, appelé à déposer sur le décès de la femme Meynard, croit pouvoir affirmer qu'il fut la suite d'un avortement. Le corps de la défunte ne fut pas soumis à l'autopsie, l'exhumation étant inutile, étant donné l'époque éloignée de la mort. Le docteur Patry, de Paris, cité par la défense, combat les conclusions du rapport du docteur Garat. Une longue discussion scientifique s'engage alors entre les deux praticiens, discussion à laquelle prend part le docteur Long-Savigny.



Sur le fait Hirigoyen, le livreur Lafont se défend d'avoir dit à l'accusée qu'il connaissait une femme qui faisait avorter et de l'avoir conduite chez la femme Lassibille. La femme Hirigoyen affirme, cependant, qu'il fut au courant de sa grossesse comme de son avortement. Le témoin reconnaît que le 18 mars, comme il se rendait à l'instruction à Bayonne, quelqu'un qu'il ne connaît pas l'aurait abordé et lui aurait dit : "Niez, niez, toujours."



Après une suspension d'audience, la femme Lamothe, qui fut au service de la veuve Lassibille, chez laquelle l'accusée Hirigoyen aurait été en traitement, revient sur les déclarations qu'elle avait faites à l'instruction.



- Si j'ai signé, dit-elle, le procès-verbal qu'on m'a présenté, c'est parce qu'on m'a menacée, mais je n'ai jamais dit avoir entendu des gémissements partant de la pièce où était Mme Hirigoyen.



Le témoin affirme n'avoir jamais entendu non plus les propos qu'on lui prête ni avoir vu pénétrer le docteur Long-Savigny dans la maison.



Incident sur incident.



En présence de l'attitude de Mme Lamothe, le président décide que le juge d'instruction de Bayonne sera entendu et confronté avec elle-même.



Un incident est provoqué par la présence, à la barre, d'une autre locataire de Mme Lassibille, Mlie Yvonne Faure. Cette jeune femme prétend qu'on l'aurait obligée à signer, sous menace d'arrestation, à l'instruction, les déclarations qui figurent au dossier. 



A ce moment, un troisième incident se produit. L'avocat général communique à la cour un télégramme venant de Bayonne et dans lequel il est écrit que le docteur Long-Savigny n'a jamais été tenu au secret. L'accusé avait dit y avoir été maintenu pendant soixante-dix jours.



L'affaire, on le voit, se complique. Un autre témoin, une femme Laguens, affirme, de son côté, avoir été l'objet de menaces de la part du commissaire de police de Biarritz. Ce magistrat confronté avec elle proteste avec énergie contre une pareille accusation. 



Mme Lamothe rappelée à la barre prétend que lors de sa comparution chez le commissaire de police, ce fut Mlle Plassaud, déjà entendue, qui répondait pour elle. Elle dit encore que la femme Plassaud lui aurait conseillé : "Il faut le dire, ça l'enfoncera davantage", et elle faisait allusion au docteur Long-Savigny. Mlle Plassaud conteste le fait, elle révèle les circonstances qui l'auraient poussée à dire tout ce qu'elle savait contre le docteur Long-Savigny et à informer complaisamment la police.



- J'ai simplement voulu me venger, dit-elle, de ce qu'il m'avait fait. C'est lui, qui m'a fait inscrire sur les livres de la police. 



Le docteur Long-Savigny s'élève avec indignation contre cette assertion. Il prétend, au contraire, que ce fut lui qui fit lever l'inscription infamante : "Et voilà de quelle façon vous me remerciez !"



Me Ardisson, avocat du docteur Long-Savigny, croit devoir rappeler que chaque témoin prête serment de parler sans haine. Or, Mlle Plassaud vient de déclarer qu'elle a obéi à un bas sentiment de vengeance. Son témoignage doit, donc être tenu pour suspect par la justice.


"Quant à moi, s'exclame-t-il, je le récuse complètement."



Le docteur Long-Savigny s'écrie alors : "C'est à cette femme, à qui je n'ai jamais fait aucun mal, que je dois d'avoir perdu ma liberté, ma situation, que je risque peut-être aujourd'hui le bagne. C'est déplorable."



Déposition élogieuse.



Cette partie du débat produit sur le public autorisé à assister à l'audience une grosse émotion.



M. le sénateur Forsans, maire de Biarritz, qui eut le docteur Long-Savigny comme premier adjoint, fait de ce dernier un grand éloge. Il le connaît depuis plus de vingt ans et rappelle son passé depuis le moment où il arriva à Biarritz. C'est, affirme-t-il, un travailleur, un homme profondément bon et honnête, ayant toujours rempli loyalement et avec dévouement les fonctions dont il avait été investi et qu'il croit incapable d'avoir commis les actes qu'on lui reproche. M. Forsans croit savoir que le docteur Long-Savigny est victime de jalousies, d'inimitiés que sa réussite à soulevées. Il dit encore que la situation de sa commune est des meilleures, au point de vue des naissances. Le dernier recensement l'a prouvé.



biarritz 1919 pays basque autrefois maire
PIERRE FORSANS MAIRE DE BIARRITZ - MIARRITZE
PAYS BASQUE D'ANTAN


Le cocher Plantin, qui fut l'amant de la veuve Lassibille, est à ce point atteint d'amnésie, que l'avocat général, en présence de son étrange attitude, croit devoir réclamer son arrestation. Le conseiller Correch ne croit pas cependant devoir user de rigueur et met une grande patience à arracher quelques paroles à ce témoin. Demain, la suite des débats."



A suivre...


(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)








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NOUVEL ARRIÈRE-PLAN DE MON BLOG EUSKAL HERRIA LEHEN - PAYS BASQUE D'ANTAN

   


CHANGEMENT DE MOIS = CHANGEMENT D'ARRIÈRE-PLAN DE MON BLOG.


Comme je m'y suis engagé il y a quelques années, nous sommes le premier du mois et je change donc l'arrière-plan de mon blog.