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mercredi 7 août 2024

LES FÊTES DE PAMPELUNE EN NAVARRE AU PAYS BASQUE EN 1948 (deuxième et dernière partie)

 

LES FÊTES DE PAMPELUNE EN 1948.


Tous les 7 juillet, des dizaines de milliers de "festayres" se rendent à Pampelune (Iruña), en Navarre.



pais vasco antes navarra fiestas feria pamplona corrida
AFFICHE FÊTES DE SAN FERMIN
PAMPELUNE NAVARRE 1948



Après les fêtes de San Martial à Irun (Guipuscoa) du 30 juin, arrivent dans la saison les fêtes de la San Fermin (ou Firmin) qui sont les 3èmes fêtes les plus importantes au monde, en nombre de participants, après Rio et Munich.



Ces fêtes se déroulent du 6 au 14 juillet, mais commencent véritablement le 7 juillet, jour du 

saint et premier jour de corrida.

Pendant 9 jours, environ 3 millions de personnes viennent faire la fête dans la capitale de la 

Navarre.



Les premières célébrations en l'honneur de Saint Firmin, considéré comme le premier évêque 

de Pampelune, remontent au Moyen-Âge (12ème siècle).

La cérémonie religieuse commémorait le martyre de Saint Firmin à Amiens, dont l'évêque 

ramena une relique du saint en 1186.

A partir de cette date, la dévotion au saint augmente et se consolide même quand la ville de 

Pampelune accueille une autre relique de Saint Firmin, deux siècles plus tard...




Voici ce que rapporta à ce sujet l'hebdomadaire V, le 5 septembre 1948, sous la plume de Jean 

Bouquet :


"La ruée.


Pourtant, à 5 h. 30, les plus enragés seront déjà sur pied, ils se dirigent vers les arènes pour y occuper les meilleures places, ou vers les points stratégiques de l'"encierro" : place de l’Ayuntamiento, montée de l’Hôpital, rue de la Estafeta... 


— Mais, au fait, ces "encierros" dont on parle tant, en quoi consistent-elles exactement ? 

— Eh bien ! mais l’"encierro" ce sont les toros lâchés dans les rues de la ville... Ils suivent un parcours déterminé où toutes les rues adjacentes ont été barrées par des palissades et où portes et devantures sont soigneusement closes. Il y a seulement six toros et six bœufs dressés porteurs de sonnailles et que l’on nomme "cabestro" ou "mansos". Vous verrez ! 



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ENCIERRO PAMPELUNE NAVARRE
PAYS BASQUE D'ANTAN


J’ai vu. J’ai vu que si balcons, fenêtres et barricades sont garnis d’une foule bruyante, si les arènes construites pour 16 000 personnes en accueillent généreusement 30 000, dans les rues mêmes où doit se courir l’"encierro", près de 3 000 jeunes gens se trouvent répartis sur tout le parcours, suivant leur courage ou la vitesse de leurs jambes. Certains sont à 50 mètres à peine du corral des toros. Ce sont les plus chevronnés, les plus vaillants, m’explique-t-on. Mais il y a aussi parmi eux quelques inconscients : ceux qu’un vin généreux a rendu téméraires et ceux qui veulent plastronner "pour l’œil noir qui les regarde et que l’amour attend". 



Sept heures sonnent. Deux détonations déchirent l’air. Un frémissement parcourt la ville entière. Les portes du corral se sont ouvertes, l’"encierro" a commencé. 



C’est aussitôt la ruée infernale et menaçante des 12 toros et "cabestros", la fuite éperdue des hommes jusqu’aux arènes où les toros doivent s’engouffrer pour être parqués dans un autre corral jusqu’à la corrida de l’après-midi. 



Poursuite épique qui ne va pas sans risque ni émotion ! Les hommes sont gagnés de vitesse, mais le troupeau est demeuré compact, c’est bon signe, il leur est facile avec un peu de sang-froid de se laisser doubler par les bêtes. Et voici après la montée de l’Hôpital, dangereuse par son étranglement, la place de l’Ayontamiento. Là, on peut souffler un peu. Les animaux y marquent toujours un temps d’arrêt avant de rebondir en avant... C’est enfin après un nouveau tournant, la rue de la Estafeta, longue et rectiligne. L’allure s’accélère. Les jeunes gens se plaquent contre les façades. Une courte descente. Les arènes. En vagues serrées, se bousculant dans leur précipitation, les hommes passent sous le porche et se déploient en éventail dans la piste pour laisser passer les bêtes qui chargent à fond de train...




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ENCIERRO PAMPELUNE NAVARRE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Dans les tous derniers rangs des coureurs quelqu’un vient de trébucher. Une chute, deux, trois. Une cascade de chutes. Les hommes butait les uns sur les autres, formant en un clin d’œil une barrière de corps humains Que va-t-il se passer ? Un carnage ? Eh bien, non, les 12 toros franchissent aisément cette barricade d’un bond et s’engouffrent dans leur corral de l’autre côté de la piste. Don Pablo m’explique :


 — C’est ce qu’on appelle un "monton". 

— Et il y a toujours de ces... "montons" ?

— Pas toujours, et il est possible que vous n’en voyiez pas d’autres (en effet, les quatre jours suivants, l’"encierro" se déroulera sans incident). Mais il s’en produit tout de même de plus impressionnants encore. Tenez, en 1922, pour l’inauguration de ces mêmes arènes, il y eut un "monton" tel que les toros eurent beaucoup de mal à le franchir. Les jeunes gens qui le composaient eurent le temps de faire un brin de causette et d’échanger leurs impressions. 

— "Ah ! si nous pouvions être "au-dessus", soupiraient les uns à moitié écrasés par leurs camarades. 




pais vasco antes navarra fiestas feria pamplona corrida
ENCIERRO PAMPELUNE NAVARRE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Et les autres voyant pointer des cornes pas très rassurantes, ripostaient : 


"Nous donnerions cher pour changer de place avec vous". 


— Et il y a souvent des blessés, des morts ? 

— Cette fois-là, 70 personnes à l’hôpital, mais toutes pour des blessures assez légères. 

— Un miracle !

— Sans doute. Le miracle de San Fermin ! Et un miracle toujours renouvelé. Les accidents graves sont rares. Mais ce n’est pas ça qui refroidit les coureurs d’"encierro"... 




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ENCIERRO PAMPELUNE NAVARRE
PAYS BASQUE D'ANTAN


Soit, c’est peut-être une coutume barbare et sauvage, à plusieurs reprises l’Eglise a essayé de la faire supprimer. Dieu merci, sans jamais y parvenir. Enlever l’"encierro" aux Navarrais, ce serait leur arracher le cœur. 



Cette emphatique déclaration, prononcée avec une pointe de défi, clôt définitivement la discussion. Dans les rues, ce sont maintenant les enfants qui jouent à l’"encierro" rêvant déjà des prouesses qu’ils accompliront plus tard. 




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ENCIERRO PAMPELUNE NAVARRE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Peu à peu, on finit par s’intégrer à l’allégresse débordante... On est envoûté par l’ambiance extraordinaire de cette Feria brutale et splendide, âpre et tragique comme l’Espagne elle-même."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)







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dimanche 7 juillet 2024

LES FÊTES DE PAMPELUNE EN NAVARRE AU PAYS BASQUE EN 1948 (première partie)

LES FÊTES DE PAMPELUNE EN 1948.


Tous les 7 juillet, des dizaines de milliers de "festayres" se rendent à Pampelune (Iruña), en Navarre.




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AFFICHE FÊTES DE SAN FERMIN
PAMPELUNE NAVARRE 1948


Après les fêtes de San Martial à Irun (Guipuscoa) du 30 juin, arrivent dans la saison les fêtes de la San Fermin (ou Firmin) qui sont les 3èmes fêtes les plus importantes au monde, en nombre de participants, après Rio et Munich.



Ces fêtes se déroulent du 6 au 14 juillet, mais commencent véritablement le 7 juillet, jour du 

saint et premier jour de corrida.

Pendant 9 jours, environ 3 millions de personnes viennent faire la fête dans la capitale de la 

Navarre.



Les premières célébrations en l'honneur de Saint Firmin, considéré comme le premier évêque 

de Pampelune, remontent au Moyen-Âge (12ème siècle).

La cérémonie religieuse commémorait le martyre de Saint Firmin à Amiens, dont l'évêque 

ramena une relique du saint en 1186.

A partir de cette date, la dévotion au saint augmente et se consolide même quand la ville de 

Pampelune accueille une autre relique de Saint Firmin, deux siècles plus tard...



Voici ce que rapporta à ce sujet l'hebdomadaire V, le 5 septembre 1948, sous la plume de Jean 

Bouquet :



"Pendant 6 jours la ville entière devient une arène sanglante.

De notre envoyé spécial Jean Bouquet.



Elle est bien vraie l’expression française : "Aller à Pampelune"... ! Cinq heures de chemin de fer pour faire 150 kilomètres... Et quel train ! Archicomble au départ de Saint-Sébastien, bourré, submergé par une foule d'hommes à béret basque et à large blouse flottante, le mouchoir rouge vif autour du cou et l’inséparable "bota" (gourde en peau de bouc) en bandoulière. Il fait très chaud. J’ai comme voisin un gros type qui baragouine un français approximatif. Le train roule dans la campagne espagnole. Mon voisin doit deviner ma soif. Il me tend sa "bota" : 


— Buvez un coup !... C’est comme ça que l’on noue connaissance. Quelques minutes après, je sais que ce bavard aimable s’appelle Don Pablo. Il m'a pris sous sa protection et n’arrête pas de parler : 

— C’est la première fois que vous allez à la Feria de Pampelune ? Alors vous n’avez jamais vu d’encierro ? (ici un air de profonde commisération). Moi, señor, je vais à la Feria depuis trente-huit ans.

— La Feria de cette année sera-t-elle "bien" ? 

— Je pense. Les toreros engagés pour les cinq corridas sont parmi les plus célèbres de l’heure : les frères Dominguin, Parrita, Antonio Caro, Paquito Munoz et d’autres... Les toros, eux, proviennent des meilleurs élevages. 



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TOREROS PARRITA MARTORILL ET DOMINGUIN
ARENES DE BAYONNE
PAYS BASQUE D'ANTAN

Des heures durant, nous bavardons ainsi et voici le terminus : Pamplona, le Pampelune du bout du monde. 



En temps normal, c’est une ville bien calme de la Navarre, un paisible marché agricole de 50 000 habitants. Cette semaine sa Feria traditionnelle qui, en majesté, vient après celle de Séville, la transfigure. Les visiteurs affluent de toute la région. Les seuls étrangers sont des touristes sud-américains dans des voitures grosses comme des locomotives et quelques Français du pays basque, attirés par l’amour du toro. Durant la "fiesta", la population fait plus que doubler.  



Toutes les chambres des hôtels sont retenues un an à l’avance. Il faut se rabattre sur les "fondas" (auberges).  



Quelle hérésie d’ailleurs de vouloir dormir à Pamplona pendant la Feria ? Pendant la Feria, on honore San Fermin, le premier évêque et le patron vénéré de la ville. On l’honore pendant six jours de fête. Ou plutôt pendant une seule fête, qui dure six fois vingt-quatre heures, sans désemparer. 



Bienheureux San Fermin ! Ses fidèles (nombreux) se donnent bien du mal pour lui complaire. Les plus ardents sont ces jeunes Navarrais qui forment ce que l’on nomme les "cuadrilla". Ils parcourent les rues plusieurs fois par jour accompagnés d’un petit orchestre. Ils dansent, sautent, virevoltent, multiplient les entrechats et jetés-battus, claquent des doigts, jouent des castagnettes, chantent ou scandent au refrain avec un entrain jamais démenti. Le matin, ils sont plus d’un millier dans la "plaza de toros", pour la course des six vachettes emboulées qui les font voltiger généreusement et sans mal sur leurs cornes, pour la plus grande joie des spectateurs. 



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PLAZA DE TOROS
PAMPELUNE NAVARRE



A 17 heures, ils défilent avant la corrida sur la place del Castillo. Ce sont eux encore qui danseront sur les gradins dans une cacophonie assourdissante aussi bien pour mortifier le torero, dont le travail leur a déplu, que pour le glorifier après une belle "faena". Eux enfin qui, pendant la dernière nuit des fêtes, parcourront une dernière fois la ville, leurs grosses caisses à moitié éventrées, s’essuyant les yeux en chantant sur un air de complainte : 


"Ay de mi, Ay de mi, se acabo San Fermin" (Pauvre de moi, pauvre de moi, les fêtes de Saint Firmin sont terminées). 


— Ils sont en bronze, me dit Pablo, mon cicérone, en bronze et en caoutchouc. 

— Mais tout de même, il leur arrive de se reposer. 

— Oui, bien sûr, ils s’étendent parfois une heure ou deux sans se soucier de l’heure. Vous les verrez aussi s’assoupir à une table de café, ou assis au bord d’un trottoir, la tête entre les mains, ou encore allongés dans l’ombre fraîche d’un couloir. Ils dorment peu, mais mangent et boivent mieux encore. Leur fidèle gourde ne les quitte que pour s’emplir à nouveau d’un vin généreux. Du vin seulement. L’authentique absinthe d’avant-guerre (d’avant 14), que l’on peut déguster pour 10 pesetas (140 fr. le verre) en mangeant olives et langoustines ne les tente aucunement. Pas plus d’ailleurs que ce chocolat espagnol si épais et si parfumé. Ils lui préfèrent des plats plus relevés et plus populaires, le "bacalao" ou cet "ajoarriero" auprès duquel l’aïoli provençal paraît fade. Rien d’étonnant après de tels mets que les Navarrais se retrouvent une vigueur nouvelle. 



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FÊTES DE SAN FIRMIN 1949
PAPELUNE NAVARRE




Ils vibrent si intensément au cours des cinq corridas consécutives de la Feria ! Lorsque, le deuxième jour Pepe et Luis Miguel Dominguin eurent combattu magnifiquement leurs quatre toros, l’enthousiasme ne connut plus de bornes. C’est en triomphe que les deux frères furent portés jusqu’à leur hôtel. Dans la rue, chacun se félicitait, sans même se connaître, d’avoir eu le bonheur d’assister à un tel événement. 


— Je vous dis qu’on en reparlera encore dans vingt ans. 

— "Que corrida barbara ! que torero !" 



L’animation étourdissante de la ville ne se ralentit pas, au contraire, à la tombée de la nuit. Dans les délicieux jardins du Bosqueutto, la fête foraine bat son plein. Sur la place del Castillo, la musique municipale déverse, suivant la traditionnelle formule, des flots d’harmonie auxquels succédera le fracas des détonations du feu d’artifice. Dans la rue de la Estafeta, c’est le toro de fuego, avec ses pétards et ses fusées qui est réservé aux enfants. Enfin, sur le "paseo" de Serasate, tous les danseurs se sont donnés rendez-vous, au son perçant et nasillard des "gaitas" et du tambour, moins agréable que fifres et tambourins de Provence, tous les airs du folklore basque et navarrais défilent, tandis que jeunes gens et jeunes filles rivalisent de grâce et d’entrain dans des figures à deux ou à quatre d’une ravissante harmonie. 



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PLACE DU CHÂTEAU 
PAMPELUNE NAVARRE



Quand la dernière bombe du feu d’artifice a éclaté, quand la dernière note des "gaitas" s’est égrenée dans la nuit, il n’est pas encore décent de songer à prendre du repos, il s’agit de réveillonner, de parcourir une fois de plus les rues où il y a encore foule à 4 heures du matin."



A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)






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mardi 24 octobre 2023

QUOI DE NEUF "AU PAYS DE RAMUNTCHO" EN 1946

AU PAYS BASQUE EN JUIN 1946.


Après la seconde Guerre mondiale, en 1946, au Pays Basque, la vie reprend peu à peu et les vedettes de cinéma et les personnalités reviennent.



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SARE 1946
PAYS BASQUE D'ANTAN



Voici ce que rapporta à ce sujet l'hebdomadaire V, le 23 juin 1946, sous la plume de Jean Gilars :



"Quoi de neuf au neuf au Pays de Ramutncho.

Biarritz.


Il pleut. Encore peu de monde dans les Hôtels. Les américains quittent en grand nombre le Centre Universitaire. Le Casino est désert. 



Il y a quelques jours, un journal local a mentionné les notons de quelques gros perdants au baccarat. Les croupiers seraient-ils devenus des gens bavards ? 



Sur la plage, je croise le général américain Mac Croskey, très populaire à Biarritz. 



A Pâques, l’ambassadeur de Grande-Bretagne, M Duff Cooper, est venu faire un séjour dans la ville... Il avait un petit colis auquel il semblait attacher un grand intérêt ; renseignement pris, il s’agissait d’un fromage, d’un superbe fromage... 



ambassadeur france grande-bretagne 1944
DUFF COOPER 1941
AMBASSADEUR DE GRANDE-BRETAGNE EN FRANCE
DE 1944 A 1947



La municipalité de Brighton a été reçue avec beaucoup de sympathie dans le pays basque... Danses folkloriques de la région "Souletine", Toro de fuego, parties de blaid à la chistera, passe-rues, etc... Gros travaux à l’aérodrome de Parme, qui sera un des plus beaux de France.



— N’allez pas sur la côte basque ! Il y a des maladies contagieuses ! 


— La Côte d’Azur nous déclarerait-elle la guerre ? 



Guéthary




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GUETHARY 1946
PAYS BASQUE D'ANTAN



Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le chanteur de charme du même nom n’est pas né dans ce ravissant pays. A l’arrivée du car, je rencontre Alerme, l’acteur bien connu... il a maigri. Une jeune fille prend un bain de mer, sous la pluie... Il la regarde, je pense à Gribouille... 



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ACTEUR ANDRE ALERME



Saint-Jean-de-Luz :



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SAINTE-BARBE SAINT-JEAN-DE-LUZ 1946
PAYS BASQUE D'ANTAN



Les habitants de ce pays ne sont pas contents du tout. Les services du ravitaillement ont bloqué des centaines de milliers de boites de sardines... L'huile étant très rare, les usiniers ont mis les sardines en boîte avec du vin blanc. Cette méthode de conservation est très mauvaise et, lorsque le ministère intéressé débloquera les boîtes en question, elles ne seront plus utilisables... 


Tout le monde crie, les anciens prisonniers de guerre menacent de prendre les magasins d’assaut... Mais... les boîtes sont toujours là ! 


Les corsaires ont, depuis les temps les plus reculés, été très appréciés à Saint-Jean-de-Luz : Hiriart, d’Etcheverry, Ibaignette, de Hirgoyen... autant de célébrités d’antan !... Aujourd’hui, il y a encore des seigneurs de la contrebande. Ils partent en haute mer, rencontrent des navires corsaires espagnols, échangent leur cargaison... Le tout ponctué parfois de coups de fusils des gardes-côtes ! 


Sur la plage, beaucoup de villas abandonnées. Impression générale de tristesse... 



Hendaye



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PLAGE HENDAYE 1946
PAYS BASQUE D'ANTAN



La ville est très calme. 


Sur le pont-frontière, un commissionnaire espagnol arrive avec des valises. Il paraît très pressé, car les carabiniers d’Irun l'attendent de l’autre côté. 


Un mécanicien de la gare d’Hendaye me dit qu’avant la fermeture de la frontière, il allait remplir les chaudières de sa machine à Irun


 — Vous comprenez, l’eau était meilleure. Elle ne faisait pas rouiller les machines ! 


Il est vrai que les mécaniciens espagnols venaient chercher l’eau à Hendaye, pour les mêmes raisons ! 


A la tombée de la nuit, contrebandiers français et espagnols échangent des signaux avec des mouchoirs, sur les rives de la Bidassoa


Dans un café, j’assiste à un échange de "marchandises", banons. chocolat, café, sortent d’un sac pour y être immédiatement remplacés par un poste de T.S.F.... Les répliques des contrebandiers, échangées en langue basque, semblant très vives... ~


Un républicain espagnol m’affirme que la libération de l’Espagne est proche. J'arrive de Saint-Sébastien, et, là-bas, les éléments nationalistes basques s’agitent sérieusement et donnent du fil à retordre aux franquistes... 



Béhobie




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BEHOBIE 1946
PAYS BASQUE D'ANTAN



Les Basques ne sont pas bavards. Impossible de leur tirer un mot sur la situation actuelle. 


Il pleut toujours... 


Les douaniers, chômeurs de la frontière, bâillent tristement.


L’Ile des Faisans, territoire neutre sur lequel fut signé la paix des Pyrénées en 1659, disparaît dans le brouillard... 



Biriatou



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BIRIATOU 1946
PAYS BASQUE D'ANTAN



Encore un village-frontière... Mais celui-ci c’est un village vedette en quelque sorte... 


Les films David Golder et la Robe Rouge ont été tournés dans ses murs... Bientôt ce sera un autre Ramuntcho qui naîtra à Biriatou, un Ramuntcho qui aura la voix de Georges Guéthary... 


Je déguste à l’auberge Irrogoyen un délicieux chocolat au lait. 


J'apprends avec stupeur qu’un roi, un président du Conseil et une multitude d’ambassadeurs ou de ministres sont venus séjourner dans cette auberge... 


Voilà pourquoi je trouvais aux habitants de Biriatou un air légèrement... officiel ! 



Cambo


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CAMBO-LES-BAINS 1946
PAYS BASQUE D'ANTAN



C’est le royaume du trafic, avec Itxassou comme point de ralliement. 


A dos de mulet, les contrebandiers emportent là-bas des pneus ou autres marchandises, et ramènent des articles espagnols. Ils travaillent pour des "chefs de bande", habitant Paris, Bordeaux et Toulouse. 


Quelquefois des coups de feu sont échangés. Le jeu en vaut la chandelle... pour une seule paire de bœufs passés clandestinement, il y a 120 000 francs à gagner ! 



Dancharia



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ROUTE DE DANCHARIA AINHOA 1942
PAYS BASQUE D'ANTAN



Ici, c’est le petit trafic... Les douaniers ferment les yeux... Les gens viennent de Bayonne pour acheter du ravitaillement dans le village espagnol Dancharinéia, près de Zugarramurdi... 


Je mange dans une auberge très curieuse, où l’on entre par une échelle, après avoir enjambé un mur. 


Les deux mains dans les poches je traverse la frontière et je me rends compte que la fermeture est purement théorique. 


Ici s’arrête le journal d’un reporter en terre basque, qui n’a eu d’autres soucis que celui de relater le plus simplement et le plus objectivement possible, la vie actuelle de ceux du pays de Ramuntcho."




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jeudi 27 juillet 2023

PÊCHE AU SAUMON DANS L'ESTUAIRE DE L'ADOUR AU PAYS BASQUE EN 1945

PÊCHE AU SAUMON DANS L'ADOUR EN 1945.


Depuis des siècles, le saumon se pêche dans le fleuve Adour.



pays basque autrefois pêche saumon adour
PÊCHE DANS L'ADOUR
V 9 DECEMBRE 1945




Voici ce que rapporta à ce sujet la revue bimensuelle V, le 9 décembre 1945 :



"Pêche au saumon dans l'estuaire de l'Adour...



Il n’y a pas qu’au Canada, qu’en Angleterre et qu’en Norvège qu’on pêche le saumon, ce curieux et savoureux poisson de mer qui fraye dans les rivières des régions froides. 



A Bayonne, à l’embouchure de l’Adour, plus exactement à Port de Mouguerre, on pêche le saumon rose. Port de Mouguerre... Qu’imaginez-vous ?.. Une pêcherie ? Tout simplement des filets étendus — une petite crique... C’est tout. 



— On aura juste le temps de poser trois fois le filet aujourd’hui, dit un pêcheur ajustant son béret en arrière, à la manière du pays. Quelques hommes le suivent et vont prendre place à bord de trois barques chargées respectivement de leur filet. 



Ils quittent la petite crique et s’en vont tendre leur grand filet qui barre la rivière. Là-dessus, ils reviennent à terre et tendent les filets à l’aide d'un tourniquet primitif installé sur la berge. Un moment s’écoule... On relève alors les "poches" en les halant à terre. Aujourd’hui, la pêche n’est guère fructueuse. 



pays basque autrefois pêche saumon adour
PÊCHE DANS L'ADOUR
V 9 DECEMBRE 1945


pays basque autrefois pêche saumon nivelle nive
PECHE AU SAUMON
PAYS BASQUE D'ANTAN



— L’époque ne s’y prête pas, nous assure un vieux pêcheur, les eaux trop hautes font un flux et reflux très forts qui risquent d’abîmer nos filets. En temps ordinaire, on relève cependant dans la journée, trente à quarante saumons : me croiriez-vous, dit-il, si je vous disais que de mon temps, cela représentait un seul coup de filet... La rivière se dépeuple, ajoute-t-il, tristement. 



Ce pêcheur a raison. En effet, d’ici quelques années, le saumon sera en France une ressource que l’on ne connaîtra plus. 



Les usines électriques avec leurs barrages, la pêche au filet, autant de choses qui barrent la route à l’émouvant instinct de la bête qui s’impose de longues migrations pour aller contenter sur un sable lointain son espoir obscur de postérité ; on tend des filets aux pères et aux mères avant que leur grand devoir de vie ait pu s’accomplir ; on gaspille la richesse de l’univers vivant... 


pays basque autrefois pêche saumon adour
PÊCHE DANS L'ADOUR
V 9 DECEMBRE 1945


Ce n’est pas de jeu.... 



Sans songer aux répercussions que peuvent avoir sur ces habitants de la mer, les coups de filets impitoyables... 



Aussi il conviendrait à coup sûr de songer de façon très sérieuse au jour, plus tellement éloigné peut-être, où le saumon deviendra un poisson fantôme ! Il faudrait trouver une formule élégante et pratique qui puisse concilier à la fois les nécessités d’aujourd’hui et celles de demain."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)



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vendredi 14 octobre 2022

SUR LA CÔTE BASQUE EN AOÛT 1946

AU PAYS BASQUE EN 1946.


Après la seconde Guerre mondiale, en 1946, au Pays Basque, la vie reprend peu à peu et les vedettes de cinéma et de théâtre reviennent.



pays basque autrefois plage labourd
GRANDE PLAGE BIARRITZ 1946
PAYS BASQUE D'ANTAN





Voici ce que rapporta à ce sujet l'hebdomadaire V, le 18 août 1946, sous la plume de Marcel de 

Renzis :



"Sur la côte des hortensias... les filles portent des cornes et les toros crachent du feu.



pays basque autrefois danse foulard
FOULARD BASQUE
HEBDOMADAIRE V 18 AOÛT 1946



pays basque autrefois toro fuego
TORO DE FUEGO
HEBDOMADAIRE V 18 AOÛT 1946



Heureux pays basque à qui un coup de badigeon a suffi pour retrouver sa splendeur d’antan et sa douceur de vivre. A Bayonne, le Courrier consacre 20 lignes au fait que la cloche de la Cathédrale retarde légèrement. A Saint-Jean-de-Luz, le haut parleur ne craint pas de troubler une partie passionnante de chistera avec le champion du monde Urruty pour annoncer un heureux événement chez un des membres du club. 



pays basque autrefois pont labourd cathedrale
ADOUR ET PONT ST-ESPRIT BAYONNE 1946
PAYS BASQUE D'ANTAN



Biarritz se dore au soleil sans souci des mystérieuses phrysalies, méduses des mers chaudes si jolies avec leur espèce de flotteur bleu qu’on les recherche en dépit de leurs suçons douloureux. Seule Hendaye fait figure de délaissée depuis la fermeture de la frontière. Pourtant sa plage de 3 kms est tentante et les Hendayais sont accueillants. Il m'y est arrivé une aventure extraordinaire : sans me connaître, le buraliste m’a refilé un paquet de tabac... au prix de la taxe. Incroyable, mais vrai !



Dans l’ensemble, beaucoup de monde, mais c’est loin d'être l’affluence des bonnes saisons. On se résigne à travailler pour l'année prochaine. On fait risette aux estivants pour qu'ils emportent un bon souvenir. Septembre pose un point d’interrogation. C'était le mois des Espagnols et des Sud-Américains. Il y aura d’excellentes vacances tardives à vivre sur la côte des hortensias. Ah ! ces hortensias ! On en trouve partout. La voilà bien la fleur féminine par excellente. Elle pousse la coquetterie jusqu’à se faire teindre. 



pays basque autrefois hortensias labourd
HORTENSIAS BIARRITZ
PAYS BASQUE D'ANTAN



Biarritz doit son essor à l’impératrice Eugénie. Pour elle, fut construit, l’orgueilleux palais qui est devenu un Palace tout en demeurant "Le Palais". A la douce impératrice, une reine a succédé. Une reine de cinéma que le nouveau film de Jean Cocteau vient de recatapulter au firmament des étoiles vivantes : Josette Day. "La Belle et la Bête" où elle brille aux côtés de Jean Marais soutiendra la cause du film français au Festival de Cannes. Quant aux "Parents terribles" qu’elle interprétait au Gymnase, ils le sont à ce point qu’ils l'attendent dès la rentrée. La blonde Josette se repose à sa manière en écrivant un roman : "Brimborion". D'autres appelleraient cela travailler. Chacun prend son plaisir où il le trouve... Saint-Jean-de-Luz abrite un homme heureux. Le phénomène s’appelle Deherassary. basque de coeur et d'esprit. Il a deux amours : sa voiture (elle est splendide !) et son béret basque (un vrai fromage de brie !). C’est encore du béret qu’il est le plus fier. Il lui vaut de tenir le rôle principal dans le film "Le Mariage de Ramuntcho", de Pierre Apestéguy, dont Dutournier vient de commencer les prises de vues. Cela représente un terrible honneur pour un Basque. Mais au fait, Deherassary, vous le connaissez bien, mesdemoiselles ? C’est votre ami André Dassary dont la voix vous broie les entrailles le soir au coin du poste de radio. 



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JEAN MARAIS ET JOSETTE DAY
DANS LE FILM LA BELLE ET LA BÊTE





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ACTRICE JOSETTE DAY




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CHANTEUR ANDRE DASSARY




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AFFICHE FILM LE MARIAGE DE RAMUNTCHO 1947



Autres artistes en vacances, Fernand Gravey et Jane Renouard jouent les oisifs, ce qui les change, un peu. Au golf de Chantaco ils se refont la main. Madame retrouve la forme plus vite que monsieur. Il est vrai que celui-ci s’intéressait davantage à mon Leica et à la manière de s’en servir. L'interviewer interviewé ! J’ai dû m'en aller car le professeur me faisait les gros yeux... 




actrice france
ACTRICE JANE RENOUARD


acteur france
ACTEUR FERNAND GRAVEY



Le golf de Saint-Jean-de-Luz s’honore, entre autres célébrités, de compter parmi ses membres, le violoniste Jacques Thibaud. Tout en rouge brique : chemise, pantalon et... épiderme. Le meilleur archet du monde est égarement virtuose de la canne plombée. 



pays basque autrefois violoniste
VIOLONISTE JACQUES THIBAUD



Chacun sa vedette. Guéthary, qui n’a rien de commun avec le chanteur du même pseudo, possède la sienne. Raymond Bouleau y pratique la chasse sous-marine. C'est à la portée de tout le monde. Pour se distinguer, il joue à cache-cache avec les chasseurs d’images qui, eux, n'acceptent pas de rentrer bredouille... Un grand modeste, incompris. 



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ACTEUR ET REALISATEUR RAYMOND ROULEAU



La paix revenue a ressuscité la plage basque. Il est vrai que les hostilités ont repris sur un autre plan. Une lutte sourde met aux prises les Casinos de Biarritz et de Saint-Jean-de-Luz. C’est à qui annoncera les plus grands artistes et les meilleurs programmes. Mais de cette guerre-là les hôtes de la côte des hortensias sont loin de se plaindre et ils ne souhaitent pas de trêve entre les deux Grands... "




(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)



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